Jean Piaget. Présentation de l'oeuvre
Fondation Jean Piaget

Étapes en biologie: Introduction


L’histoire naturelle et la biologie occupent une place considérable dans l’oeuvre de Piaget. C’est en assimilant leurs problèmes, leurs notions et leurs méthodes que celui-ci s’est formé à la science. On peut distinguer trois grandes périodes dans les rapports de l’auteur avec cette science qui, au début du siècle, était encore partagée entre le vitalisme et le matérialisme.

La première période, caractérisée par un grand nombre de publications, est celle des années de formation. Elle se déroule entre 1907 et 1918 environ. A partir de 1910-1911, les travaux d’histoire naturelle de celui qui n’est encore qu’un adolescent seront complétés par des travaux et des réflexions qui se déploient sur le terrain de la philosophie, mais avec l’établissement de nombreux liens entre les deux domaines, puisque la philosophie dont il va être question sera elle-même très largement d’inspiration biologique.

La deuxième période des rapports avec la biologie s’étend de 1919 à 1929. Ce sont les années d’apprentissage et des premières recherches en psychologie, mais ce sont aussi les années où l’auteur achève sa formation en biologie, notamment par la publication en 1929 d’un important mémoire (JP29_1) dans lequel est pour la première fois exposé un ensemble de solutions possibles au problème de l’adaptation des formes vivantes et cognitives à leur milieu respectif. Alors que le doctorat en sciences naturelles acquis en 1918 est l’aboutissement de la formation à la seule histoire naturelle, le travail de 1929 peut être considéré comme l’équivalent d’un vrai doctorat en biologie, au sens où il manifeste une maîtrise complète du cadre théorique et des problèmes que Piaget s’est donné pour tâche de résoudre.

Enfin, la troisième période s’étend entre 1930 et 1976. L’auteur a fait de la psychologie et de l’épistémologie son activité principale. La biologie passe quelque peu au second plan. Pourtant elle conserve toute son importance théorique à ses yeux, comme le prouvent les écrits qu’il lui consacre jusqu’en 1976.

On peut subdiviser la période qui s’étend entre 1907 et 1918 en deux sous-étapes. La première, qui va de 1907 à 1910 environ, est caractérisée par l’apprentissage de la seule histoire naturelle, c’est-à-dire par un rapport à la nature qui se veut plus descriptif qu’explicatif. Elle est conforme à l’idée que se faisaient certains naturalistes du caractère formateur de cette histoire. Elle donne à celui qui la pratique le goût de la nature et de l’observation des choses. La seconde étape, entre 1911 et 1918, est celle des premières réflexions et des premiers essais de théorisation biologique. Avec elle le jeune Piaget entre de plain-pied dans le domaine des explications biologiques. Ce domaine est naturellement redoutable pour ladolescence, dans la mesure où elle place celui qui s’y adonne face au problème autant philosophique que scientifique de la place de l’homme dans la nature.

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L’extension considérable de fécondité que marque le passage du logique au mathématique tient donc à toute la différence qui sépare du simple «groupement» (ou composition réversible des relations de partie à tout), les groupes numériques, algébriques et géométriques fondés sur les relations directes des parties entre elles. […] Or, c’est précisément cette structure fondamentale de groupe qui assure la rigueur du raisonnement mathématique (sitôt dépassés les rapports élémentaires de partie à tout qui se retrouvent dans la théorie des ensembles).