Fondation Jean Piaget - Présentation de l'œuvre
Fondation Jean Piaget

Les grands courants de la pensée scientifique

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Piaget assigne à la pensée scientifique deux grands courants, idéaliste et réaliste, liés à la bipolarité sujet/objet et à leur interaction indissociable en toute connaissance. Le premier courant est celui de la connaissance de l'objet ou de la réalité extérieure par cette assimilation aux structures opératoires du sujet que constitue la mathématique. Le second est celui de la connaissance du sujet qui consiste en une réduction inverse du sujet à l'objet par le moyen des méthodes physico-chimiques de la biologie. Ces deux courants correspondent en fait aux deux mouvements d'intériorisation et d'extériorisation qui caractérisent le processus même de l'accroissement des connaissances et qui illustrent la constante solidarité entre la conquête graduelle de l'objectivité et la formalisation croissante des outils de connaissance qui se manifeste par l'évolution de la raison. Ces deux courants ou mouvements se poursuivent indéfiniment, conférant au système des sciences une structure cyclique.

©Marie-Françoise Legendre

Toute extrait de la présente présentation doit mentionner la source: Fondation Jean Piaget, Piaget et l'épistémologie par M.-F. Legendre
Les remarques, questions ou suggestons peuvent être envoyées à l'adresse: Marie-Françoise Legendre.

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Citations

Les courants de la pensée scientifique
À en demeurer sur le terrain des affirmations vérifiables, on ne peut parler que de deux courants de la pensée scientifique; la conquête de l'objectivité physique due au double apport des approximations expérimentales toujours affinées et de la mathématisation par assimilation déductive; et la construction de structures logico-mathématiques par le double apport de la synthèse progressive et de l'analyse régressive ou formalisante. Ces deux courants peuvent se poursuivre indéfiniment auquel cas, le système des sciences apparaîtra comme une sorte de cercle ou de spirale sans cesse élargie. L.C.S., p. 592

Les deux directions de la pensée scientifique
(…) la pensée scientifique est constamment engagée en deux directions simultanées et complémentaires, qui tiennent au cercle fondamental du sujet et de l’objet. Par les mathématiques et la psychologie, la science assimile le réel aux cadres de l’esprit humain et suit ainsi une direction idéaliste. (…) Mais si c’est là l’une des deux directions constantes de la pensée scientifique, l’autre n’en est pas moins nette : par la physique et la biologie, la science obéit à une tendance réaliste, qui subordonne à son tour l’esprit à la réalité. (…)
Selon que l’on parcourt le cercle des sciences dans un sens ou dans un autre, l’objet est donc réduit au sujet ou le sujet à l’objet. La science n’est ainsi ni purement réaliste ni purement idéaliste, mais orientée dans les deux directions à la fois, sans qu’il soit légitimement possible d’anticiper l’état final d’un tel processus. I.E.G. Vol.I, p. 48.
La pensée scientifique s'oriente donc dans deux directions complémentaires: connaissance de l'objet, c'est-à-dire de la réalité extérieure par le moyen de cette assimilation au sujet que constituent les mathématiques, la physique ainsi construite se destinant à absorber tôt ou tard la biologie dans la mesure où cette réduction sera possible; et connaissance du sujet, c'est-à-dire de l'organisation vivante et mentale, mais par le moyen d'une réduction inverse de ce sujet à l'objet, effectuée grâce aux méthodes organicistes de la psychogenèse. La psychologie est elle-même partagée entre ces deux tendances: réduction du sujet à l'objet par son orientation biologique et de l'objet au sujet par son effort d'explication opératoire des notions mathématiques et physiques. I.E.G., Vol. III, p. 278.

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C’est le jour seulement où nous saurons caractériser les rapports exacts entre la vie et la matière inorganisée, d’une part, entre le fonctionnement organique et le milieu extérieur, d’autre part, que nous pourrons construire une épistémologie précise des rapports « intérieurs » entre le sujet et l’objet (par opposition aux rapports extérieurs entre l’activité opératoire et le monde physique sur lequel portent nos actions).