Fondation Jean Piaget - Présentation de l'œuvre
Fondation Jean Piaget

Les théorie de l'évolution biologique

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Piaget identifie divers types d’explications des processus adaptatifs ou évolutifs, les uns non génétiques, les autres génétiques, qui trouvent leurs pendants dans différentes conceptions de l’intelligence et diverses perspectives épistémologiques. C’est autour de la triade constituée par le pôle du sujet, le pôle de l’objet ou l’interaction entre sujet et objet, ainsi que de la dualité des explications non génétiques et génétiques, qu’il catégorise ces diverses interprétations de l’adaptation ou de l’évolution dans les domaines biologique (adaptation de l’organisme), psychologique (adaptation de l’intelligence) et épistémologique (adaptation de la connaissance). La première triade renvoie à des explications non génétiques (ou agénétiques), niant ou limitant les processus évolutifs en expliquant l’adaptation soit par une harmonie préétablie (fixisme, vitalisme), soit par les structures internes de l’organisme (préformisme), ou encore par un rapport de totalité unissant l’interne et l’externe (émergence). La seconde triade, solidaire d’une perspective strictement évolutionniste, renvoie à des théories qui reconnaissent l’évolution des espèces ou la construction mentale comme une réalité effective qu’il s’agit d’expliquer. Elles diffèrent toutefois par le type d’explication proposée qui met l’accent sur la pression du milieu extérieur (lamarckisme), sur la production de variations endogènes sélectionnées après coup (darwinisme) ou sur une interaction indissociable du milieu ou de l’organisme (interactionnisme et relativisme).

©Marie-Françoise Legendre

Toute extrait de la présente présentation doit mentionner la source: Fondation Jean Piaget, Piaget et l'épistémologie par M.-F. Legendre
Les remarques, questions ou suggestons peuvent être envoyées à l'adresse: Marie-Françoise Legendre.

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Citations

Théories de l’adaptation biologique, de l’intelligence et de la connaissance
(…) il y a adaptation de l’organisme à son milieu lorsque l’action du premier sur le second est en équilibre avec l’action du second sur le premier : or, nous avons jusqu’ici appelé assimilation mentale l’action de l’organisme sur le milieu et accommodation l’action inverse, en admettant que la connaissance constituait justement un équilibre entre l’assimilation des choses à l’activité propre et l’accommodation de celle-ci à celle-là. De ce point de vue, l’intelligence et la connaissance constituent bien un cas particulier de l’adaptation et c’est pourquoi les théories de l’adaptation biologique préparent celles de l’intelligence et de la connaissance, dont elles préjugent même en partie. IEG. Vol.III., p. 82.
(…) l’organisme et le milieu constituent un tout indissociable, c’est-à-dire qu’à côté des mutations fortuite il faut faire la part des variations adaptatives impliquant à la fois une structuration propre à l’organisme et une action du milieu, les deux termes étant inséparables l’un de l’autre. Du point de vue de la connaissance, cela signifie que l’activité du sujet est relative à la constitution de l’objet de même que celle-ci implique celle-là : c’est l’affirmation d’une interdépendance irréductible entre l’expérience et la raison. Le relativisme biologique se prolonge ainsi en doctrine de l’interdépendance du sujet et de l’objet, de l’assimilation de l’objet par le sujet et de l’accommodation de celui-ci à celui-là. N.I., p. 21.

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[…] un bébé de 8-9 mois ne possède assurément aucun sentiment de son moi individuel. Le moi est un produit social qui s’obtient par comparaison, puis par opposition, avec les autres «moi».