Fondation Jean Piaget


Articles de S à T


1975 (avec J.F. Chatillon).
Solubilité, miscibilité et flottaison
Archives de psychologie, 43, n. 169, pp. 27-46.

1962.
The stages of the intellectual development of the child
/ [transl. by Pitsa Hartocollis]
Bulletin of the Menninger clinic, 26, n. 3, pp. 120-128. (3 lectures presented as a series to the Menninger school of psychiatry March, 6, 13 and 22, 1961. Voir aussi les titres:'The relation of affectivity to intelligence in the mental development of the child'.'Will and action'. Publié aussi in: Thinking and reasoning: selected readings / P. C. Wason, P. N. Johnson-Laird (ed.). Harmondsworth: Penguin Books, 1968, pp. 355-363. Professional supplement to Teacing elementary school mathematics / Robert G. Underhill. Columbus: C. E. Merrill, 1972., pp. 33-41. Childhood psychopathology: an anthology of basic readings / S. I. Harrison and J. F. McDermott (ed.). New York: International University Press, 1972, pp. 157-166.)

1925 (avec E. Margairaz).
La structure des récits et l'interprétation des images de Dawid chez l'enfant
Archives de psychologie, 19, n. 75, pp. 211-239.
Texte PDF mis à disposition le 06.03.2007
 - Présentation
Comme les premiers articles de Piaget rédigés en 1920-1921, ce texte illustre une nouvelle fois la façon dont son auteur, avec l’aide de sa collaboratrice, repense l’utilisation des tests de psychologie pour en faire des instruments d’étude du fonctionnement de l’intelligence enfantine. Ici, c’est la capacité de construire un récit à partir d’images illustrant la première et la dernière scène d’une histoire qui est examinée. Certes le test de Dawid a pour fin d’apprécier l’aptitude d’un enfant à construire des histoires, et elle aboutit en ce sens à donner pour chaque tranche d’âge et chaque item utilisé des percentiles de réussite ; mais ce n’est pas tant la dimension d’évaluation qui intéresse Piaget que l’explication des réponses données par les enfants. Pourtant, l’enquête conduite sur 180 enfants, âgés de 4 à 12 ans a ceci d’intéressant qu’elle ne vise pas directement la genèse de l’intelligence générale de l’enfant; mais qu’elle le fait par l’étude de la capacité de construction du récit. Elle aboutira certes à confirmer les premières explications de la logique ou prélogique enfantine déjà proposées dans les précédents écrits de l’auteur, mais en éclairant en retour cette forme de conduite particulière qu’est l’art de construire un récit à partir de contraintes données (première et dernière images données). Le syncrétisme, l’absence de la multiplication logique permettant de réunir les différentes informations en un tout articulé, expliquent les récits décousus produits par les enfants jusqu’à 8-9 ans (en moyenne, avec néanmoins progression des réussites au test avec l’âge).

1953.
Structures opérationnelles et cybernétique
L'année psychologique, 53, fasc.1., pp. 379-388.
Texte PDF mis à disposition le 09.12.2007
 - Présentation
Texte d'une communication donnée au congrès de l'APSLF sur "Le système nerveux et la psychologie", cet article d'une dizaine de pages offre à son auteur l'occasion de justifier son utilisation de l'algèbre logique pour modéliser la pensée humaine en soulignant la parenté de cette modélisation avec celle que des neurophysiologues tels que Warren McCulloch font de la logique propositionnelle dans leur modélisation du système nerveux alors assimilé aux machines logiques crées par les cybernéticiens de cette époque.

1974.
Structures et catégories
Logique et analyse, 17, n. 67-68, pp. 223-240.
Texte PDF mis à disposition le 13.05.2008
 - Présentation
Cet article rédigé en 1973-1974 est tout à fait remarquable. D'abord il confirme que son auteur n'a jamais arrêté de s'intéresser à l'avancement des mathématiques les plus théoriques et abstraites, ceci avec l'aide des mathématiciens (dont G. Henriques et S. Papert) et physiciens (dont E. Ascher et R. Garcia) collaborateurs du CIEG ou travaillant au sein des universités romandes (notamment, pour ce qui est des catégories, le mathématicien suisse G. de Rham) ou françaises. Ensuite il révèle une nouvelle fois le caractère "circulaire" (conforme à la thèse du cercle des sciences) de son rapport à la science mathématique. D'un côté, la progression des mathématiques lui offre des notions et des instruments d'assimilation (dont en tout premier lieu les structures et les catégories thématisées par le mathématicien) qui lui permettent de mieux cerner et distinguer les activités et organisations intellectuelles à l'œuvre chez le sujet (particulièrement l'enfant et l'adolescent) au cours de son développement cognitif et de sa construction du réel. De l'autre, sa profonde connaissance de l'histoire naturelle et de ses démarches, et sa connaissance tout aussi riche, nourrie de centaines d'enquêtes, de l'intelligence de l'enfant et de l'adolescent, ainsi que sa visée épistémologique, lui font concevoir les objets mathématiques les plus généraux découverts à ce jour (les structures et les catégories) comme s'inscrivant en filiation avec des activités et organisations à l'œuvre chez le sujet. Enfin, Piaget ne pouvait pas ne pas être séduit par la proximité entre les démarches des mathématiciens travaillant sur le terrain de la théorie des catégories et sa propre visée. L'un des mobiles les plus profonds de ce travail semble être en effet de révéler et de "mathématiser", au moyen de l'approche catégorielle et des instruments qu'elle produit (les catégories) l'activité des mathématiciens mettant en relation des structures mathématiques et en créant de nouvelles (du moins si l'on en croit par exemple l'examen qu'en font Henriques et Ascher dans les deux chapitres qu'ils ont publiés dans JP90).

Un mot encore au sujet de l'intérêt manifesté ici par Piaget pour la question des rapports entre structures et catégories. Dans son usage "standard" en psychologie et en épistémologie génétiques, la notion de structure est fortement liée à celles de filiation et de genèse (comme le résume le titre d'un chapitre de 1959 "Genèse et structure en psychologie", JP59a). Mais comme biologiste profondément marqué par le travail de mise en relation et de classification réalisé en histoire naturelle, il n'a pas manqué, bien avant de prendre connaissance des travaux sur la théorie des catégories née au milieu des années 1940, d'être interpellé par les deux dimensions que prend l'évolution des formes biologiques: la dimension de filiation verticale entre espèces, mais aussi celle, "horizontale", des similitudes pouvant apparaître entre des espèces ou entre groupes biologiques n'ayant pas de rapport de filiation entre eux et que résume la notion biologique d'homologie structurale. Dans le premier cas, la parenté n'est pas seulement formelle, mais est la conséquence de transformations génératrices des nouvelles formes. Dans le second cas, la parenté peut être seulement formelle (si l'homologie ne résulte pas d'une ascendance commune). Cette sensibilité à ces deux types de similitudes entre espèces ou formes biologiques apparaît en pleine lumière dans la modélisation entreprise dès la fin des années 1930 des groupements logiques (JP42) et dans laquelle il présente d'abord les groupements portant sur les simples additions et multiplications de classes et de relations, puis les groupements plus complexes mettant en rapport ou regroupant des classes ou des relations aussi bien non inscrites qu'inscrites dans des suites de filiation verticale (comme le sont les rapports de parenté, ou encore les similitudes entre espèces biologiques ne présentant pas de rapport de filiation). Or, ce que Piaget croit pouvoir concevoir chez les mathématiciens travaillant à l'élaboration d'une théorie des catégories, c'est précisément cette double sensibilité à la fois aux liens de filiation et aux liens d'homologie par lequel le biologiste approche l'évolution des espèces et le psychologue, le développement des schèmes et des structures cognitives. Cette double dimension était déjà présente chez les mathématiciens s'efforçant de dresser le catalogue des structures mathématiques, mais sans qu'elle fasse l'objet d'une théorisation ou mathématisation explicite. Certaines structures des mathématiciens permettaient à Piaget de modéliser les structures propres à certains regroupements d'actions et d'opérations observés chez les enfants et les adolescents qu'il étudiait. Mais il ne lui offrait pas les instruments permettant de mettre en rapport ces structures. Piaget, en examinant les recherches "post-structuralistes" sur les catégories mathématiques, pressent que ces recherches sont à même d'apporter au théoricien de l'évolution des formes biologiques et cognitives les instruments de modélisation des liens à la fois verticaux (de filiation) et horizontaux qui relient ces formes les unes aux autres. Lui-même n'aura pas l'opportunité de réaliser une telle modélisation (encore que les diagrammes qu'il présente dans JP75, comme son rappel – également dans les années 1970 – de ses anciens travaux de modélisation des groupements, n'allaient peut-être pas sans esquisser, dans son esprit, un tel travail); mais ses recherches sur les correspondances, les morphismes et les catégories conduites au milieu des années 1970 avec l'aide de ses assistants et des mathématiciens et physiciens travaillant au CIEG ouvraient une voie qui mériterait d'être explorée plus avant pour le plus grand bénéfice non seulement de l'épistémologie génétique, mais aussi de la psychologie génétique.

1969.
Le structuralisme
Cahiers internationaux de symbolisme, n. 17/18, pp. 73-85.
Texte PDF mis à disposition le 14.04.2009
 - Présentation
Cet écrit d'une dizaine de pages est le texte d'une conférence donnée par Piaget dans le cadre du colloque "Structuralisme et symbolisme" organisé par la Société du symbolisme en février 1968 à Genève. Il constitue une sorte de condensé du Que Sais-je? sur "Le structuralisme" également publié en 1968 aux Presses Universitaires de France. Comme dans ce dernier ouvrage, Piaget prend position contre certains aspects de la mode structuraliste qui traversait alors la philosophie et les sciences humaines en France. Il oppose à ce structuralisme antihistorique, antifonctionnaliste et niant l'activité du sujet son propre structuralisme qui, au contraire, soutient, faits à l'appui, la thèse d'une genèse des structures, et leur enracinement dans l'activité du sujet et plus précisément dans les coordinations biologiques puis psychosociologiques des actions. Les critiques et réflexions développées dans ces quelques pages relèvent pour une part des résultats des recherches de psychologie et d'épistémologie génétiques, et pour une autre part de que l'on appellera, en langage piagétien, l' "épistémologie interne aux sciences", et à toutes les sciences s'il est vrai, comme Piaget le soutient, qu'aucune science n'est complètement isolée des autres, que toutes au contraire se relient circulairement les unes aux autres.

1911-12.
Supplément au catalogue des mollusques du canton de Neuchâtel
Bulletin de la Société neuchâteloise des sciences naturelles, 39(1911/12), pp. 74-89.

1956 (avec E. Vurpillot).
La surestimation de la courbure des arcs de cercles
Archives de psychologie, 35, n. 139, pp. 215-232.

1924.
Das symbolische Denken.
In: Praxis. Schweizerische Rundschau für Medizin 17, XIII (28.4.24).

1943.
Les tâches présentes et futures des Instituts de pédagogie curative
Pro Infirmis, 1, n. 9, pp. 280-281.

1937.
Some of the child's conceptions of time and speed
The psychological bulletin, 34, pp. 702-703

1941.
Quelques observations sur le développement psychologique de la notion de temps
Compte rendu des séances de la Société de physique et d'histoire naturelle de Genève, 58, pp. 21-24.
Texte PDF mis à disposition le 20.04.2009

1924.
Les traits principaux de la logique de l'enfant
Journal de psychologie normale et pathologique, 21, n. 1-3, pp. 48-101.

1946 (avec M. Lambercier).
Transpositions perceptives et transitivité opératoire dans les comparaisons en profondeur: essai sur les rapports entre la configuration d'ensemble et la déformation des grandeurs
Archives de psychologie, 31, n. 124, pp. 325-368.

1946.
Les trois conditions d'une épistémologie scientifique
Analysis: revue pour la critique des sciences, 1, fasc. 3, pp. 25-32.
Texte PDF mis à disposition le 17.12.2008
 - Présentation
Ce très court texte de 7 pages est peut-être l'indice d'un tournant majeur dans l'oeuvre de Piaget. Dès les années 1920, celui-ci formulait la thèse, en partie déjà validée par ses premières recherches psychologiques, selon laquelle la "critique de la connaissance", en d'autres termes l'épistémologie s'inscrivant dans la mouvance kantienne, pouvait bénéficier de la lumière jetée par la psychologie génétique sur le développement de l'intelligence et des connaissances chez l'enfant (JP25). Cependant, pendant encore près de deux décennies, Piaget, tout en donnant des cours d'histoire de la pensée scientifique aux universités de Neuchâtel et de Genève, a laissé en arrière-plan son projet de développer une épistémologie s'inscrivant en continuité avec l'étude scientifique de l'évolution biologique et du développement psychologique, pour se consacrer principalement à l'essor de la psychologie génétique, ainsi qu'à l'élaboration des instruments de modélisation "logistique" des structures de la pensée logico-mathématique de l'enfant (JP42). Dès la fin des années 1940, après avoir accompli l'essentiel du plan de recherche fixé en psychologie génétique (étude de la genèse des opérations logico-mathématiques et des notions de nombre, d'espace, de temps, de mouvement et de vitesse, de quantités physiques… chez l'enfant) le moment était venu de mettre en oeuvre ce projet d'une épistémologie véritablement scientifique, synthétisant ces résultats avec ceux obtenus sur le terrain des enquêtes historico-critique.

Piaget expose dans cet article les conditions nécessaires au développement de cette épistémologie scientifique annoncée dès les années 1920: ne plus chercher à aborder de manière globale et spéculative la question trop générale de la nature de la connaissance, mais se plier à la démarche scientifique consistant à délimiter les problèmes et à recueillir les faits permettant de résoudre pas à pas ces derniers. A cette fin, l'épistémologie dispose de trois appuis déterminants: (1) le recours à l'histoire, qui permet de cerner les rôles respectifs de la déduction et de l'expérience dans l'évolution des sciences et des connaissances; (2) le recours à l'analyse logistique pour cerner la progression des "organes logico-mathématiques" qui sont la condition de la pensée scientifique et (3) le recours à cette sorte d' "embryologie" de l'esprit que constitue la psychologie de l'enfant (elle aussi complétée par l'analyse logistique des structures d'une pensée parvenue à l'équilibre grâce au mécanisme de la réversibilité logico-mathématique).

Hormis les préfaces, introductions et autres conclusions des ouvrages de psychologie génétique dans lesquels transparaît l'intérêt fondamentalement épistémologique qui guide leur auteur, il faudra encore 4 ans pour que —le virage vers l'épistémologie ayant été amorcé— Piaget publie sa première grande oeuvre dans ce domaine, à savoir son "Introduction à l'épistémologie génétique" (JP50), ouvrage en trois volumes portant successivement (1) sur la pensée mathématique, (2) la pensée physique et enfin (3) la biologie, la psychologie et la sociologie.

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[…] un système est en équilibre lorsque toutes les transformations virtuelles (équivalant ici aux opérations possibles) se compensent, c’est-à-dire qu’à chaque transformation possible en correspond une autre, orientée en sens inverse de la première et de valeur égale. Dire que les opérations s’organisent en structures réversibles ou dire qu’elles tendent vers certaines formes d’équilibres signifie donc la même chose.

J. Piaget, Problèmes de psychologie génétique, 1964, (1ère publication en russe, en 1956), in Six études de psychologie, p. 150