Vinh-Bang (1922-2008). Psychologue

Né au Vietnam et arrivé à Genève en 1948, Vinh Bang est l’un des deux collaborateurs psychologues genevois, avec Bärbel Inhelder, sur qui Piaget a pu compter pendant plusieurs décennies de recherches (notamment dans le cadre des travaux du Centre international d’épistémologie génétique, auxquels Bang a régulièrement participé). Tout en prenant la relève de Lambercier au laboratoire de psychologie expérimentale et en apportant une grande minutie et une grande finesse intellectuelle à l’élaboration de nouvelles expériences sur la perception visuelle, Vinh Bang s’est intéressé à la fois aux aspects méthodologiques et aux conséquences pédagogiques des recherches en psychologie génétique. Sur le plan méthodologique, il a cherché à tirer profit de nouvelles méthodes mathématiques d’analyse hiérarchique des conduites pouvant compléter la méthode clinique-critique développée par Piaget et Inhelder. Quant à l’intérêt pour les applications pédagogiques des recherches de psychologie génétique, il s’inscrit en pleine continuité avec ses anciennes activités au Vietnam, où Bang avait dirigé une école dans laquelle il s’efforçait déjà de promouvoir les principes de l’éducation nouvelle. Dès sa thèse de 1955 sur l’évolution de l’écriture chez les écoliers genevois, il propose ainsi une didactique de l’enseignement de l’écrit qui tienne compte du développement cognitif de l’enfant. Il s’efforce également de construire une échelle de mesure de ce développement qui puisse palier au manque de fondement psychologique des échelles classiques. Craignant que les instruments élaborés deviennent de simples tests utilisés aveuglément, Bang se refusera finalement à publier le résultat de ces travaux. Enfin Bang contribuera aux progrès récents des didactiques, à la fois par l’enseignement qu’il donne à l’université de Genève et par des articles, hélas trop rares, dans lesquels il suggère des pistes de recherche toujours fécondes et originales. Parmi celles-ci, mentionnons la place centrale accordée à l’activité constructrice de l’élève, ainsi qu’à l’élaboration de situations d’apprentissage soigneusement conues pour susciter et favoriser cette activité.

Un recueil de "Textes choisis" (Université de Genève, 1988), édité par ses assistants et ses collaborateurs à l’occasion de son départ à la retraite, permet de se faire une idée de la subtilité avec laquelle il envisageait les rapports de la psychologie pédagogique ou de la didactique avec la psychologie et l’épistémologie génétiques.

Quelques références bibliographiques:
- La méthode clinique et la recherche en psychologie de l'enfant. In Psychologie et épistémologies génétiques (pp. 67-81), Paris: Dunod, 1966.
- Évolution de l'écriture de l'enfant à l'adulte - Étude expérimentale. Delachaux et Niestlé, 1979
- Qu'entend-on par apprentissage opératoire? Archives de psychologie, 1986, pp. 27-37.
- Bases psychologiques de l'initiation scientifique aux enfants de 7 à 12 ans. In: A. Giordan, A. Henriquez, Vinh Bang, Psychologie génétique et didactique des sciences (pp. 25-57), P. Lang, 1989.

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