Alina Szeminska (1907-1986). Psychologue polonaise

Après des études de psychologie et de philosophie à l’université de Berlin (1927-1928), Szeminska se rend à Genève dès 1928, à la suite d’une suggestion de Köhler à qui elle a fait part de son souhait de travailler en psychologie du développement (Köhler lui parle alors d’une nouvelle "étoile" montante de cette psychologie, Piaget!). Elle obtient à Genève le grade de doctorat en philosophie, mention pédagogie.

De 1932 à 1939 Szeminska participe, avec Bärbel Inhelder et en tant qu’assistante de l’Institut J.-J. Rousseau, aux recherches sur le développement des notions numériques et spatiales chez l’enfant. Elle sera co-auteur, avec Piaget, de l’ouvrage paru chez Delachaux et Niestlé sur "La genèse du nombre chez l’enfant", ainsi que de l’ouvrage sur "La géométrie spontanée chez l’enfant" publié en 1949.

Son retour en Pologne, en 1939, aura pour conséquence de rompre pendant plus d’une décennie les liens qu’elle avait tissés avec la psychologie génétique genevoise. A la fin de seconde guerre mondiale, au cours de laquelle elle s’engagea très activement dans la résistance polonaise, Szeminska s’intéressa aux problèmes de délinquance chez les adolescents de son pays, ainsi qu’à la diffusion de la recherche psychopédagogique dans le domaine de l’enseignement des sciences (Szeminska fut directrice de consultations psychologiques des enfants des écoles de Varsovie, directrice de la section de psychologie de l’institut de recherches pédagogiques, et professeur à la faculté de pédagogie de l’université de Varsovie).

Ce n’est qu’après l’ouverture du centre international d’épistémologie génétique que Piaget aura l’occasion de reprendre contact avec son ancienne collaboratrice. Dès la fin des années soixante environ, Szeminska viendra régulièrement à Genève, notamment lors des symposiums annuels dirigés par Piaget, et elle participera activement à quelques-unes des nouvelles recherches sur la causalité puis sur les mécanismes du développement conduites au centre.

(Parmi les écrits d'Alina Szeminska, mentionnons son Essai d'analyse psychologique du raisonnement mathématique, de 1935, dans lequel sont pour la première fois exposés des résultats de recherche sur la conservation du nombre chez l'enfant.)

© Fondation Jean Piaget 2017 - Mise à jour: 9 septembre 2017