Auguste Weismann (1834-1914). Naturaliste allemand

Weismann est l’un des auteurs qui a le plus contribué au développement du darwinisme à la fin du dix-neuvième siècle. Célèbre par la distinction qu’il a imposée entre le soma (l’organisme individuel) et le germen (matériel héréditaire et en théorie immortel que transporte l’organisme individuel), Weismann a en outre anticipé de manière spéculative la génétique moderne en supposant que le germen était composé de déterminants atomiques, conçus comme cause des caractères somatiques de l’organisme. Il y a ainsi une complémentarité entre la conception de Weismann et les découvertes que le moine Mendel avait faites au milieu du dix-neuvième siècle au sujet de la reproduction croisée de variétés héréditaires de pois.

En ce qui concerne l’explication de l’évolution, Weismann va adopter successivement deux conceptions, l’une franchement néo-darwinienne, l’autre destinée à rendre compte du caractère orienté de l’évolution, argument que les lamarckiens opposent au darwinisme. Pour expliquer comment de nouvelles espèces peuvent apparaître en dépit du caractère (théoriquement) immortel du germen, Weismann propose une thèse qui, là aussi, anticipe en partie les conceptions actuelles. La reproduction sexuelle des organismes engendre des descendants forcément différents, dans la mesure où leur germen contient un mélange aléatoire des déterminants des parents (les déterminants non retenus sont éjectés). La sélection naturelle agit alors sur les organismes résultant de ce mélange. Quant à la seconde conception, elle complète la première en introduisant l’idée d’une sélection interne des déterminants au cours du développement même de l’organisme. Au sein de chaque cellule, les déterminants qui l’emportent sont ceux qui parviennent à s’approprier le plus de nourriture.

Parmi les ouvrages de Weismann, mentionnons les "Essais sur l’hérédité et la sélection naturelle" (1892).

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