intuition apriori
Chez Kant, toute connaissance prend appui sur l’intuition ou sur l’expérience sensible. Mais le philosophe admet, à côté des données empiriques de l’intuition sensible, la présence d’une intuition apriori de l’espace et d’une intuition apriori du temps qui permet d’organiser les matériaux de la perception. Cette double intuition n’est pas tirée de l’expérience sensible, puisqu’elle en est au contraire la condition.

Les raisons pour lesquelles Kant affirme la présence d’une telle intuition sont liées au problème soulevé par les notions d’espace et de temps. Ceux-ci ne peuvent être de purs concepts (on perçoit des phénomènes dans l’espace). Mais ce ne sont pas non plus des sensations ou des phénomènes. Une série d’analyses et de réflexions conduit l’auteur à la thèse qui lui paraît seule admissible: l’espace et le temps (ceux considérés par la pensée commune, ainsi que par la physique newtonienne) sont des intuitions liées à la sensibilité, mais ne sont pas des intuitions sensibles. Le temps et l’espace sont des "cadres vides", de pures formes, dans lesquelles nous rangeons les données sensibles qui s’offrent à la vue, à l’ouïe, etc.

L’une des parties les plus importantes des recherches psychogénétiques de Piaget sera alors de montrer comment ces "cadres vides", ou, en d’autres termes, l’espace euclidien et le temps newtonien, résultent de la construction progressive d’opérations spatiales et temporelles, ainsi que des notions qui s’y attachent.


© Fondation Jean Piaget 2018 - Mise à jour: 4 juin 2018