généralisation constructive
Proposée par Piaget dans ses recherches des années septante sur les mécanismes de l’équilibration majorante, la notion de généralisation constructive prend tout son sens par rapport à la notion de généralisation empirique liée à la théorie classique de la formation des concepts.

Selon cette théorie, le développement des concepts logiques se fait du concret vers l’abstrait. Le concept de cheval est ainsi plus concret que celui d’animal. La pensée passerait du concept de cheval, de chien, de chat, etc., au concept d’animal en faisant abstraction des caractères spécifiques distinguant le cheval du chien, le chien du chat, etc. Le concept d’animal qui résulte d’un tel processus est de portée plus générale que les concepts qui sont au départ de ce double mouvement d’abstraction et de généralisation, c’est-à-dire qu’il est plus riche en extension et, apparemment du moins, plus pauvre en compréhension (dans cette conception, les caractères spécifiques sont laissés de côté).

Selon Piaget, ni cette description du processus de formation des concepts, ni les mécanismes d’abstraction et de généralisation qui leur sont attachés, ne sont satisfaisants. Comme l’ont montré les travaux sur la genèse de la logique concrète, les concepts et les classes logiques dépendent de la construction des opérations portant sur les réalités concrètes considérées par l’enfant, et plus précisément du regroupement des préopérations en un système opératoire. C’est alors au niveau de ces systèmes et de la façon dont ils se construisent les uns à partir des autres qu’il convient de porter le problème de la généralisation.

Sur le plan de la construction des systèmes cognitifs, le processus de généralisation prend alors une forme nouvelle. S’il est toujours vrai que le résultat d’un processus de généralisation porte sur un plus grand nombre d’éléments que le système qui a servi de point de départ à ce processus, il apparaît que le nouveau système n’est pas plus pauvre en compréhension que le système de départ, mais plus riche dans la mesure où il intègre celui-ci. Cet enrichissement en compréhension et non seulement en extension peut se faire soit par complétion d'une structure initiale comportant des lacunes (voir généralisation complétive) soit par la synthèse ou la fusion de structures opératoires indépendantes (voir généralisation complétive).


© Fondation Jean Piaget 2018 - Mise à jour: 4 juin 2018