assimilation réciproque
Lorsque deux systèmes cognitifs ou deux schèmes sont susceptibles d’agir sur une commune réalité (par exemple la vision par le bébé de ses deux mains et le déplacement simultané de celles-ci, ou encore le schème de vision d’un objet et le schème de préhension de ce même objet), l’assimilation de cette réalité par l’un des deux systèmes peut modifier la réalité qui est l’objet d’assimilation du second. Le cadre d’assimilation du second va dès lors peu à peu se différencier de manière à permettre l’intégration des modifications en question. La même chose se produisant dans l’autre sens, les deux schèmes activés vont interagir de façon de plus en plus étroite, en donnant ainsi naissance à un schème les fusionnant ou les coordonnant, selon le niveau de maîtrise des interactions atteint par le sujet. Dans l’exemple de la vision et de la préhension, un schème de vision-préhension va naître de la fusion ou de la coordination consciente des schèmes fonctionnant d’abord de manière indépendante, quoique simultanée.

Intégré dans le schème englobant, chacun des deux schèmes de départ peut ainsi tour à tour servir de moyen à l’autre schème. Ce moyen reste alors implicite ou inconnu du sujet dans le cas d’un processus de fusion des schèmes initiaux (le bébé, qui saisit sans problème un objet se trouvant en tel lieu de son espace visuel grâce au rapprochement de sa main puis à la prise de l’objet, n’a pas conscience que la vision de la distance entre sa main et l’objet règle le déplacement de sa main); il peut au contraire devenir conscient dans le cas où le sujet utilise intentionnellement l’un des deux schèmes comme instrument permettant d’atteindre le but fixé par le second schème (saisir un objet qui se trouve à l’intérieur d’un autre, la prise du second étant la condition de la vision du premier, ou bien, en sens inverse, inspecter un objet pour le saisir de la façon la plus adéquate).


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