associationnisme
L’associationnisme est une théorie de l’acquisition des idées développée par plusieurs philosophes du dix-huitième siècle, qui acceptent la thèse empiriste selon laquelle toute connaissance a sa source dans la réalité extérieure et procède de l’expérience sensorielle liant le sujet à cette réalité. Reprise et actualisée par la majorité des psychologues de la fin du dix-neuvième siècle, cette conception revient à soutenir que toute idée complexe résulte d’un lien automatiquement établi entre des idées plus élémentaires, ceci en fonction des rapports de simultanéité ou d’enchaînement temporel, ainsi que de contiguïté spatiale, des événements du monde extérieur se reflétant sur l’appareil sensoriel des sujets.

Cette explication est vraisemblablement celle qui s’offre d’emblée lorsque le sujet cherche à expliquer l’origine des connaissances et on en trouve le germe chez des philosophes grecs qui, comme Aristote, se sont penchés sur l’origine des connaissances empiriques. La réflexion critique engagée par Kant rend pourtant manifestes les limites des thèses empiristes et associationnistes, dont l’incapacité de rendre compte de l’origine et de la genèse des connaissances rationnelles, sauf à les réduire aux connaissances empiriques et à ouvrir ainsi la porte au scepticisme ou au nihilisme quant à la possibilité d’une science objective.

Lorsque Piaget reprendra le flambeau de l’épistémologie et qu’il utilisera la psychologie génétique et expérimentale pour étudier la nature des connaissances, l’un de ses soucis sera précisément de compléter par des données empiriques, les arguments de raison apportés par les philosophes des sciences, dans la tradition desquels il s’inscrit, et qui se sont efforcés de montrer que l’objectivité des connaissances tient pour une part essentielle à des facteurs intérieurs, et non pas extérieurs, au sujet.


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