cercle des sciences
Le cercle des sciences (ou la spirale, si l’on prend en compte la dimension temporelle du développement des sciences) est l'image qui, selon Piaget, traduit le mieux la nature des rapports entre les sciences.

La psychologie et la sociologie, branches spécialisées de la biologie (entendue en un sens très général), elle-même reliée à la physico-chimie, ont, entre autres, pour objet d'étude l'origine des connaissances mathématiques et logiques. En sens inverse, la logique et les mathématiques fournissent à la physique, mais aussi à la biologie et à la psychologie, etc., les instruments intellectuels d'explication de leur objet.

La thèse du cercle des sciences s’oppose ainsi aux tentations réductionnistes, que ce soit celle du rationalisme classique cherchant à déduire à partir d’évidences rationnelles la totalité des phénomènes révélés dans l’expérience, ou que ce soit celle, aujourd’hui plus fréquente, consistant à assimiler l’ensemble des sciences spécialisées et de leurs objets d’études à des sciences moins spécialisées qui, comme la biologie, paraissent basées sur une connaissance directe et matérielle de la réalité extérieure.

La thèse du cercle des sciences conçoit au contraire le progrès des sciences comme résultant d’une double réduction des réalités et des concepts, dans deux directions de sens opposé, tendant l’une vers la mathématisation, l’autre vers la "physicalisation" des phénomènes. Cette double réduction s’accompagne par ailleurs d’un enrichissement ou d’une spécialisation des disciplines fournissant les concepts explicatifs des réalités en jeu. Enfin, selon Piaget, le cercle des sciences résulte du cercle plus profond qui relie le sujet et l'objet de connaissance.


© Fondation Jean Piaget 2018 - Mise à jour: 4 juin 2018