conventionnalisme
En épistémologie génétique, le conventionnalisme est l’une des doctrines proposées pour rendre compte de l’origine des connaissances. Elle désigne la conception issue des réflexions de Poincaré sur l’origine des axiomes ou des principes des sciences physiques et mathématiques. Selon cet auteur, les axiomes et les principes de base de ces sciences ne sont ni tirés de l’expérience, comme le soutient l’empirisme, ni des apriori ou des évidences logiques, ni des idées innées. Ce sont des conventions que se donne le chercheur et qui, à ce titre, ne peuvent être considérées comme vraies ou fausses, mais seulement comme plus ou moins utiles, ou plus ou moins fécondes.

Il reste alors à s’interroger sur les conditions qui font qu’un principe est plus ou moins utile ou fécond pour la recherche, question à laquelle Poincaré n’a pas cherché à répondre. Or il semble que la poser soit du même coup démontrer les limites du conventionnalisme. Poincaré lui-même n’a d’ailleurs pas hésité à utiliser une conception aprioriste dans le cadre de l’arithmétique et dans celui de la science de l’espace (avec la notion de groupe). Par contre d’autres philosophes des sciences abuseront de la thèse conventionnaliste de Poincaré pour tenter de minimiser la valeur de la science, abus contre lequel le physicien et mathématicien français s’élèvera dans son livre de 1904 sur "La valeur de la science". Signalons encore que l’adoption du conventionnalisme par Poincaré n’est peut-être pas sans rapport avec le fait qu’il soit passé à côté de la découverte de la relativité physique, réalisée par Einstein en 1905.


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