abstraction empirique
"Nous nommons abstraction empirique celle qui porte sur les objets physiques ou sur les aspects matériels de l'action propre tels que des mouvements, poussées, etc." (EEG34, 6).

L’abstraction empirique est un processus qui consiste à ne retenir qu’une seule des multiples propriétés ou régularités intrinsèques à un objet (le corps propre compris) ou à un événement actuellement considéré par le sujet (par exemple la couleur d’un objet, la relation de succession qui unit deux événements, ou encore la relation de grandeur entre deux objets). Ce faisant, le système cognitif est informé de la valeur particulière prise par cet objet en ce qui concerne la propriété en question. Etant une prise d’information sur les propriétés d’un objet ou d’une suite d’événements, l’abstraction empirique exige une interaction entre le sujet de connaissance et la réalité qu’il considère. Une telle abstraction n’est par ailleurs possible que si le sujet possède une notion préalable des propriétés concernées de l’objet ou des événements considérés (par exemple la notion d’ordre temporel n’est pas tirée du constat empirique d’une relation de succession entre deux événements; elle est construite alors que le sujet apprend activement à coordonner temporellement ses actions et les événements qui s’y attachent). Contrairement aux conceptions empiristes de la connaissance, l’abstraction empirique ne suffit pas à elle seule à rendre compte de l’origine des connaissances empiriques, et encore moins de celle des connaissances logico-mathématiques.


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