égocentrisme
Dans la théorie piagétienne, l’égocentrisme désigne principalement une caractéristique du fonctionnement cognitif de l’enfant intervenant à chacun des grands paliers de développement de l’intelligence (le sensori-moteur, la pensée concrète, la pensée formelle), caractéristique que l’on retrouve d’ailleurs plus généralement dans toute microgenèse cognitive.

L’enfant, qui sur l’un ou l’autre de ces différents plans n’a pas encore regroupé et coordonné ses actions ou ses préopérations en des systèmes cohérents leur assurant réversibilité et associativité, ne parvient à considérer les objets matériels ou de pensée que dans la perspective des schèmes non – ou insuffisamment - coordonnés auxquels ces objets sont assimilés. La centration sur un seul point de vue s’accompagne alors d’une absence d’objectivité par rapport à la réalité considérée, et donc d’un subjectivisme que résume la notion d’égocentrisme.

Cette conception s’étend sans autre à l’égocentrisme cognitif que l’on peut constater dans les comportements intersubjectifs: dans la mesure où l’enfant ne parvient pas, sur un certain plan, à coordonner les actions ou préopérations qu’il peut tour à tour engager par rapport à un objet, ni davantage les notions et les représentations qui leur sont liées, il ne saurait non plus coordonner ses actions et celles d’autrui, ni ses représentations et celles d’autrui.

L’égocentrisme cognitif peut être également l’une des raisons de l’égocentrisme moral (l’égocentrisme intellectuel intervenant dans des échanges intersubjectifs entraîne forcément un égocentrisme moral dans ces échanges; mais tout égocentrisme moral n’est pas forcément basé sur une incapacité de coordonner intellectuellement les points de vue en jeu).


© Fondation Jean Piaget 2017 - Mise à jour: 9 septembre 2017