mutationnisme
Développé entre autres par le botaniste hollandais de Vries à la fin du vingtième siècle, le mutationnisme désigne cette conception de l’hérédité et de l’évolution des espèces qui, sans nier le rôle de la sélection naturelle, s’oppose en partie au darwinisme en faisant porter le poids principal de l’évolution sur la notion de mutation génétique.

Avant même sa redécouverte des lois de Mendel, de Vries expliquait l’hérédité par l’existence de gènes au sein de l’organisme, gènes transmis par celui-ci à ses descendants au moment de la reproduction. Vers 1890, et en opposition partielle avec la théorie de Darwin qui faisait l’hypothse d’une continuité des changements dans la transformation des espèces, le botaniste s’était basé sur les transformations soudaines des plantes qu’il étudiait pour soutenir la thèse selon laquelle l’évolution serait essentiellement le produit de mutations se produisant au niveau des gènes. Une fois une mutation survenue, à supposer qu’elle ne soit pas mortelle, la sélection naturelle pourrait intervenir pour améliorer progressivement la nouvelle espèce issue de l’organisme mutant. Mais l’essentiel serait déjà fait, puisque la mutation aurait apporté d’un seul coup un organisme manifestant le nouveau caractère.

Tout en démontrant l’existence de mutation génétique, et en confirmant ainsi partiellement la conception du botaniste de Vries, la génétique moléculaire développée au vingtième siècle montrera que la mutation génétique postulée par cet auteur n’est pas la cause principale de la variabilité héréditaire des êtres vivants. Celle-ci réside plutôt dans la richesse combinatoire du matériel héréditaire, telle qu’elle se réalise lors de la reproduction des organismes, et notamment lors de la combinaison des systèmes génétiques issue de la reproduction sexuée.


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