réalisme naïf
Le réalisme "naïf" désigne une attitude d’esprit spontanée qui consiste à considérer comme indépendante de soi la réalité perçue ou représentée. Lié à la construction de l’objet permanent, ce réalisme peut se traduire sur le plan de la pensée représentative par des formes plus spéciales, telles que le réalisme nominal, dans lequel les jeunes enfants considèrent que les noms sont liés aux choses comme le sont leurs autres propriétés (leur couleur, leur poids, etc.).

Le réalisme "naïf" trouvera sa place, sous une forme cette fois réfléchie et relativisée, dans des conceptions philosophiques comme le réalisme empirique de Kant ou le réalisme critique de Bachelard. Tout en rejetant, pour des raisons critiques, les thèses affirmant l’existence d’un réel qui se cacherait derrière la réalité commune, Kant n’en acceptait pas moins de concevoir comme indépendante du sujet la marche des phénomènes telle que celui-ci la perçoit (l’écoulement des eaux d’un fleuve se fait dans un sens qui n’est pas imposé au fleuve par la forme apriori du temps, même si celle-ci constitue le cadre temporel permettant de percevoir cet écoulement).

Le même réalisme naïf sera aussi la source de formes variées de conceptions métaphysiques qui, elles, affirment l’existence d’une vraie réalité sous la réalité perçue, ou encore affirment comme étant la réalité absolue le monde des phénomènes.


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