Jean Piaget: Vie et philosophie
par Guy Cellérier
[Ces pages sont une reproduction de l'ouvrage – aujourd'hui épuisé – imprimé par les Presses Universitaires de France en 1973 dans la collection "Philosophes". La pagination de l'édition originale est indiquée entre crochet. Toute citation du texte de G. Cellérier doit mentionner cette pagination, l'année de publication ainsi que les noms de l'auteur et de l'éditeur.]
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Le jeu est une réalité que l’enfant veut bien croire à lui tout seul, exactement comme le réel est un jeu que l’enfant veut bien jouer avec l’adulte et tous ceux qui y croient aussi. Dans les deux cas, la croyance est ou très forte ou très faible, suivant qu’on la caractérise par son intensité momentanée ou par sa durée, mais, dans aucun des deux cas, elle ne requiert de justification intrinsèque. Il faut donc dire du jeu enfantin qu’il constitue une réalité autonome, entendant par là que la réalité « vraie » à laquelle il s’oppose est beaucoup moins « vraie » pour l’enfant que pour nous.
J. Piaget, , 1924, 3e éd. et suivantes, p. 195-196