Fondation Jean Piaget

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Les 5 derniers textes électroniques téléchargés sont :

1946.
Les notions de mouvement et de vitesse chez l’enfant.
Chap. V: Les mouvements relatifs
Les notions de mouvement et de vitesse chez l'enfant. Paris: Presses univ. de France, 1946. (2e éd. 1972.)
Texte PDF mis à disposition le 13.01.2012
 - Présentation
[Texte de présentation: version du 7 décembre 2011.]

Ce chapitre rapporte les difficultés que les enfants ont de concevoir les compositions de mouvements de deux mobiles dont l’un (une planche en carton) sert de support à l’autre (un escargot qui se déplace sur cette planche elle-même mobile). Il faut attendre 11-12 ans, et donc les débuts de la pensée formelle, pour que les sujets interrogés parviennent à composer les mouvements respectifs (et en particulier de sens inverse) de la planche et de l’escargot pour savoir de combien s’est déplacé ce dernier face au repère fixe qu’est un trait tracé sur la table devant laquelle l’expérimentateur-psychologue et le sujet interrogé se trouvent (la planche peut être déplacée de gauche à droite ou de droite à gauche parallèlement au bord de la table et à partir de ce trait; et l’escargot peut lui-même être déplacé de gauche à droite ou de droite à gauche par rapport à la planche).

Lorsque Piaget analyse les réponses des enfants confrontés à ce problème apparemment très simple de composition des mouvements relatifs, il n’a pas encore découvert les structures opératoires de niveau supérieur qui sous-tendent la pensée formelle et hypothético-déductive. Le fait que les sujets ne parviennent à résoudre ce type de problème que vers l’âge de 11-12 ans ne peut alors être expliqué qu’en évoquant un «mécanisme déductif portant sur des hypothèses», mécanisme jugé nécessaire pour penser simultanément à deux systèmes concrets de déplacements tels que celui des déplacements de la planche et celui de l’escargot (mécanisme qui, grâce à la capacité de formuler des hypothèses et d’en déduire les conséquences, permettrait au sujet « de traduire à volonté le simultané en successif [lors de la mesure de chaque déplacement] puis le successif en simultané »). Piaget voit bien que la difficulté réside dans le fait de pouvoir « coordonner » en un seul tout les déplacements intervenant dans ces systèmes, mais il n’a pas encore dégagé à ce stade d’évolution de ses travaux le système d’opérations sur des opérations qui réalise cette coordination, à savoir le groupe INRC (lequel permet, en l’occurrence, de lier opératoirement les opérations d’avancement et de recul de l’un des deux mobiles avec celles de l’autre mobile, l’avance de l’un pouvant par exemple être compensée par le recul de l’autre, etc.). La découverte, vers la fin des années 1940 (JP49), de cette structure opératoire ainsi que d’autres (par exemple la structure de réseau réunissant l’ensemble des opérations de la logique des propositions) sous-tendant le fonctionnement de la pensée formelle le conduira d’ailleurs à revenir ultérieurement sur les résultats de cette enquête sur les mouvement relatifs pour en donner une explication intégrant le rôle essentiel du groupe INRC dans la compréhension des mouvements relatifs (voir à ce sujet le chapitre 17 de JP55, pp. 281-283, chapitre qui sera prochainement placé sur le site de la Fondation Jean Piaget).

1941.
Le mécanisme du développement mental et les lois du groupement des opérations: esquisse d'une théorie opératoire de l'intelligence
Archives de psychologie, 28, n. 112, pp. 215-285.
Texte PDF mis à disposition le 23.11.2007
 - Présentation
Ce long article d'une soixantaine de pages est le premier essai d'exposé d'ensemble des travaux de modélisation logique des structures perceptives, sensori-motrice et intellectuelles qui apparaissent progressivement lors du développement de l'enfant. La comparaison des structures mises à jour grâce à ce travail de modélisation réalisé par Piaget entre 1935 et 1940 l'amène à découvrir l'accroissement simultané (1) du champ d'application, (2) de la mobilité et (3) de la stabilité de ces structures et de leur équilibre, ainsi que le passage des ryhmes aux régulations, puis des régulations aux groupements caractéristiques des différents paliers du développement (JP42_5). L' "équilibre mental" est ici expliqué par un regroupement des opérations de même champ d'application (logique, arithmétique, physique, social…) qui s'effectue de manière à assurer leur réversibilité et dont la structure peut être modélisée au moyen des groupements logiques élaborés par Piaget à la fin des années 1930 (JP42). Dans les conclusions de cet article, Piaget esquisse un examen comparatif des formes d'équilibres successifs constatés sur le plan de la psychogenèse avec les équilibres et les déplacements d'équilibre physico-chimiques tels qu'ils ont été mis en évidence aux 19e siècle (thermodynamique et théorie de Le Chatelier sont ici évoquées, ainsi que les notions de régulation et d'homéostase utilisées par Cannon en biologie). Un tel examen sera récurrent dans l'œuvre piagétienne. On le retrouvera par exemple dans son texte de 1977 sur "L'épistémologie des régulations" (JP77).

Bien qu'il n'y ait pas encore dans cet article de modélisation des mécanismes de développement permettant de passer de la perception et de la logique de l'action à la logique de la pensée, la mise en lumière de l'accroissement conjoint du champ d'application, de la mobilité et de la stabilité des structures perceptives, sensori-motrices, pratiques, intuitives et enfin opératoires peut être considéré comme le point de départ des réflexions et des travaux qui aboutiront au premier modèle de l'équilibration constitutive des structures opératoires de la pensée (voir JP57), puis aux travaux des années 1970 sur les mécanismes de construction cognitive. C'est du moins ce que suggèrent ces lignes de la page 218 dans lesquelles Piaget, en réponse à la question des "rapports entre les groupements et l'évolution même de l'intelligence" annonce qu'il va se proposer d'en discuter dans la suite de cet article "à titre d'introduction à un programme de recherches […] et nullement de synthèse doctrinale achevée". Le mécanisme général de développement exposé dans cet article est pour l'essentiel celui de décentration évoqué dès les premiers travaux de Piaget en psychologie génétique. Ce mécanisme est cependant accompagné d'une réflexion sur la différenciation progressive des domaines propres aux différentes espèces de groupements opératoires (logico-arithmétique, physique, pratique). Et, surtout, on trouve dans l'avant-dernière section du texte de brèves mais profondes considérations sur la prise de conscience, l' "abstraction vraie" et la "généralisation vraie" qui, d'une certaine façon, annoncent les travaux des années 1970!

(Attention: de ce que ce texte affirme à la p. 216 que les groupes arithmétiques élémentaires se constituent dès la constitution des groupements d'inclusion et de sériation logiques – par fusion de ces derniers –, il ne faut pas conclure qu'il n'y a pas de notion de nombre avant l'acquisition de la classification et de la sériation logiques; c'est vrai du nombre opératoire; cela ne l'est pas d'une notion empirique du nombre dont Piaget reconnaît en plusieurs de ses écrits la présence chez le jeune enfant – voir sur ce point ce qu'écrit Piaget pp. 261-262 du même texte! De même cela ne signifie pas que la classification et la sériation opératoires précèdent l'acquisition du nombre opératoire; les trois systèmes apparaissent "simultanément" – "simultanément est placé entre guillemets pour indiquer que, dans les faits, et comme des recherches ultérieures conduites dans les années 1950 au Centre international d'épistémologie génétique le montreront, des décalages peuvent être constatés qui peuvent être dûs à des facteurs variés, tels que la familiarité du champ notionnel traité, la quantité d'investissement cognitif, etc.!)

1932.
Le jugement moral chez l’enfant.
Chap. 3: La coopération et le développement de la notion de justice
Paris: F. Alcan, 1932. (2e éd. au contenu identique, Presses Univ. de France, 1957; 3e éd. 1969; 4e éd. 1973; 5e éd. 1978.)
Texte PDF mis à disposition le 14.01.2013

1932.
Le jugement moral chez l'enfant.
Chap. 2: La contrainte adulte et le réalisme moral
Paris: F. Alcan, 1932. (2e éd. au contenu identique, Presses Univ. de France, 1957; 3e éd. 1969; 4e éd. 1973; 5e éd. 1978.)
Texte PDF mis à disposition le 24.12.2012

1950.
Introduction à l'épistémologie génétique (III).
Quatrième partie: …La pensée sociologique: Chap. XII §1-6: L'explication en sociologie
Paris: PUF, 1ère édition 1950, volume 3. (1ère édition 1950).
Texte PDF mis à disposition le 06.04.2012
 - Présentation
[Texte de présentation — version du 26 avril 2012.]

Les cinq premières sections de ce chapitre ont principalement pour objet l’examen des explications sociologiques, réelles (portant sur les processus causaux) ou formelles (portant par exemple sur les normes juridiques considérées sur un plan purement implicatif, sans considérations des actions effectives composant la vie sociale) qui ont été données du fonctionnement des sociétés, en portant une attention particulière au rôle et au sens qu’y prennent les concepts de totalité et d’interactions sociales, de règle, de valeur et de signe, ou encore d’équilibre statique (ou synchronique) ou au contraire d’évolution historique (ou diachronique) des structures sociales. Après l’examen de la place occupées par ces concepts dans différentes théories sociologiques (y compris économiques, linguistiques et juridiques), Piaget montre comment les trois grands types de structures observés dans la genèse de l’intelligence chez l’individu (les rythmes, les régulations et enfin les groupements) se retrouvent dans le fonctionnement et la genèse des structures sociales. En ce qui concerne le dernier type de structures (les groupements), on n’en observe la manifestation, sur le plan social, que lors de la constructions de normes opératoires assurant la permanence des structures en jeu et la réversibilité des (co)opérations et des échanges qui les composent.

La sixième section a pour objet les différentes sociologies de la connaissance qui découlent ou que l’on peut associer aux grandes théories sociologiques qui ont marqué la fin du 19e siècle et le début du 20e, et tout particulièrement celles de Durkheim et de Marx, la première reliant trop directement la raison scientifique aux représentations sociales qui l’ont précédées (la pensée mythique en particulier), alors que, très voisine —sur ce plan— des thèses piagétiennes, la seconde recherche les racines de la pensée scientifique et de la connaissance rationnelle dans les échanges et coopérations techniques intervenant lors des activités par lesquelles individus et groupes sociaux assimilent le monde extérieur, s’y accommodent et le transforment en vue d’atteindre des objectifs pratiques. Pour Piaget enfin, de même que le développement d’une pensée rationnelle implique, chez l’individu, une décentration par rapport au caractère intellectuellement égocentré des représentations intuitives, de même le développement des sciences implique une décentration par rapport au sociocentrisme des représentations sociales primitives, aux idéologies et aux métaphysiques (un tel mécanisme de décentration expliquant les caractéristiques contraires, reconnues par Marx et ces disciplines —dont le sociologue et philosophe Lucien Goldmann, avec lequel Piaget a collaboré dans les années 1940—, de ces deux pôles de la conscience que sont les idéologies d’un côté et les sciences de l’autre).

Enfin, la septième section, qui sera placé sur le site de la Fondation Jean Piaget dans les jours qui viennent, a pour objet l’examen des rapports étroits qui existent en logique et société, s’il l’on admet que l’"accord des esprits" est un critère déterminant de la vérité expérimentale aussi bien que formelle. Hormis cette section sur laquelle s’achève le chapitre 12 consacré à « l’explication en sociologie », l’ensemble des chapitres et section composant les trois volumes de l’Introduction à l'épistémologie génétique sont disponibles sur la page Textes/Chapitres du site de la Fondation Jean Piaget.


Les 5 derniers textes mis à disposition sont :

1970.
L’évolution intellectuelle de l’adolescence à l’âge adule
In: 3rd International Convention and Awarding of FONEME prizes 1970, Milan, May 9-10, 1970 . Milano: FONEME, pp. 149-156.
Texte PDF mis à disposition le 19.08.2020
 - Présentation
Dans ce texte, après avoir résumé les caractéristiques de la pensée formelle telle qu’elle a été découverte chez des adolescents genevois, Piaget expose trois hypothèses pouvant expliquer la non-généralisabilité de cette découverte à tous les adolescents de même âge, et même la possible absence de cette forme de pensée lorsque les conditions sociales ne permettent pas les échanges nécessaires à son développement. Une première hypothèse repose sur le caractère plus ou moins stimulant de l’environnement social dans lequel se développement la pensée de l’enfant et de l’adolescent. Les deux autres hypothèses reposent sur la spécialisation croissante des formes de pensée à partir de l’adolescence. Dans la deuxième hypothèse, seules certaines aptitudes et spécialisations aboutiraient à la construction de la pensée hypothético-déductive chez l’adolescent. Dans la troisième hypothèse, sauf exception, tous les adolescents vivant dans un environnement suffisamment stimulant auraient la possibilité d’atteindre la pensée formelle, mais pour certains, dans leur domaine de spécialisation seulement.

1948 avec Bärbel Inhelder.
La représentation de l’espace chez l’enfant. Partie II :
Chap. 12: Les similitudes et les proportions
La représentation de l’espace chez l’enfant. Paris: PUF, 1ère édition 1948; 2e édition 1972, pp. 371-434
Texte PDF mis à disposition le 11.06.2020
 - Présentation
Le chapitre 12 n’a pas fait l’objet d’une relecture finale. Merci de nous faire part de vos remarques permettant de procéder à la révision de ce chapitre en envoyant un courriel...

2010 Guy Cellérier.
Les systèmes gouvernés par les valeurs
, avec la collaboration d’Olivier Real del Sarte
CEPIAG, Genève
(Lien Document) mis à disposition le 02.04.2019
 - Présentation
Ce texte est une première version d’un chapitre d’un ouvrage en préparation. Vu son importance concernant l’épistémologie des systèmes biologiques et cybernétiques, nous avons décidé de le mettre en valeur sur le site de la Fondation Jean Piaget, en dépit de son inachèvement relatif.

2012 Laurent Fedi.
Lipman contre Piaget : une mauvaise querelle à propos de la philosophie pour enfants
Le Télémaque 2012/2 (n° 42), pages 149 à 162
(Lien Document) mis à disposition le 23.01.2019

1987 J.-J. Ducret.
Piaget et la philosophie
Revue de théologie et de philosophie, 119 (1987), pp217-229
(Lien Document) mis à disposition le 23.01.2019




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[…] nous appellerons « domaine épistémologique » celui des relations entre les connaissances et les différentes formes possibles de réalités (y compris l’éventualité de zones d’existence non sensibles), sinon l’épistémologie ne se distinguerait pas de la logique. Or, elle la suppose, mais comporte également un cadre plus large faisant intervenir le problème de l’objet en sa zone de réalité et celui du rôle du sujet, même si l’on en vient à minimiser son activité […]