Fondation Jean Piaget


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Les 5 derniers textes électroniques téléchargés sont :

1936.
La naissance de l'intelligence chez l'enfant
Neuchâtel; Paris: Delachaux et Niestlé. (2e éd., 1948; 3e éd. 1959, 4e éd. 1963, 5e éd. 1966, 6e éd. 1968, 7e éd. 1970, 1972, 8e éd. 1975, 9e éd. 1977.)
Texte PDF mis à disposition le 23.10.2008
 - Présentation
[Les chapitres de ce livre sont téléchargeables ICI (sous année 1936).]

Cet ouvrage est sans conteste l'un des plus importants de toute l'œuvre de Piaget. Son but est manifeste: à travers l'examen systématique de très nombreuses conduites spontanées ou provoquées de différents niveaux minutieusement choisies et décrites, il s'agit de révéler et d'expliquer la naissance de l'intelligence sensori-motrice chez l'enfant, ou encore le passage des conduites innées aux conduites acquises, en d'autres termes de l'adaptation biologique à l'adaptation psychologique, dont cette intelligence est l'instrument mais aussi le produit. Les observations faites par Piaget sur ses trois enfants sont l'objet d'une analyse très fine et approfondie, réalisée au moyen d'un cadre conceptuel très riche qui prolonge, en les dépassant, les travaux des premiers psychologues du développement (dont J.-M. Baldwin) et bénéficie de la formation préalable ou parallèle de l'auteur en biologie et en épistémologie. Ce cadre théorique se voit lui-même progressivement différencié et clarifié au fil des observations illustrant les étapes successives de construction de cette première forme d'intelligence.

Rédigé simultanément à un autre portant sur la construction du réel, et des catégories qui permettent cette construction chez et par l'enfant, cet ouvrage, est l'un des plus éclairant quant à la signification d'un ensemble de notions théoriques qui sont au cœur de l'explication piagétienne de l'intelligence, à savoir les notions de schème, d'assimilation et d'accommodation, aux côtés de l'équilibration (si le terme n'est pas encore d'usage chez Piaget en 1936, l'idée générale l'est déjà). Cet ouvrage offre en outre l'intérêt de compléter l'analyse structurale des conduites permettant leur hiérachisation par un analyse fonctionnelle qui fait comprendre les raisons de la progression des conduites innées aux conduites intelligentes.

1927.
La causalité physique chez l'enfant.
 La réalité et la causalité chez l'enfant. Résumé et conclusions
Paris: F. Alcan.
Texte PDF mis à disposition le 23.02.2009
 - Présentation
Cette dernière très longue section résume et conclut non seulement les enquêtes réalisées sur la "causalité physique chez l'enfant", mais également celles sur "la représentation du monde" (JP26". Il est dès lors d'autant plus curieux que Piaget n'ait pas jugé utile de rééditer l'ouvrage sur la causalité, contrairement à celui sur la représentation du monde, qui a connu une troisième édition complétée en 1947, elle-même plusieurs fois rééditée ultérieurement. Peut-être la raison en est-elle que dans les années 1960 plusieurs nouvelles recherches ont été lancées au CIEG sur la genèse des explications physiques chez l'enfant dans le but de déterminer les rapports entre cette genèse et celle des structures opératoires mise en lumière dès la fin des années trente et jusqu'au début des années soixante.
Il est aussi possible que Piaget n'ait pas souhaité une telle réédition en raison de premières suppositions erronées quant aux 2-3 premières années de la vie de l'enfant, période dont il annonce qu'elle devrait faire l'objet d'une enquête afin de déterminer les liens de continuité entre les mécanismes de l'adaptation biologique et les mécanismes de l'adaptation psychologique — en d'autres termes, entre l' "assimilation" et l' "imitation" biologiques d'un côté, et l'assimilation et l'imitation psychologiques de l'autre. (Notons, dans ces conclusions, l'usage du terme "imitation", alors emprunté à F. Le Dantec et à J.-M. Baldwin, en lieu et place de celui d'"accommodation", qui sera adopté dans les travaux sur la naissance de l'intelligence; le terme d'"accommodation" sera cependant déjà utilisé dans l'article sur "La première année de la vie de l'enfant" paru en 1927 qui marque le début de ces travaux!)

Quoi qu'il en soit des raisons pour lesquelles l'ouvrage de 1927 sur "la causalité physique chez l'enfant" n'a pas été réédité, les conclusions qu'il contient valent d'être lues attentivement, autant du point de vue des résultats obtenus quant aux transformations de la mentalité enfantine entre 4 et 11-12 ans, qu'au point de vue de la méthode utilisée pour les obtenir.

(I) En ce qui concerne tout d'abord le résumé et les conclusions relatives aux transformations de la mentalité enfantine, quand bien même ils seront amenés à être complétés par les futures enquêtes conduites au CIEG sur la genèse des explications causales chez l'enfant, ils sont riches de réflexions et de prises de position à plus d'un titre toujours valables.
Piaget présente dans cette dernière section les trois grandes étapes franchies par la mentalité enfantine dans les conceptions qu'elle se fait du réel; trois étapes au cours desquelles se chevauchent ou se succèdent 17 (!) types de causalité, dont, entre autres, (1) la pensée magique (qui mêle sans différenciation le psychologique au physique), le finalisme et le phénoménisme (n'importe quel lien perçu dans un événement peut expliquer cet événement), puis (2) l'animisme, l'artificialisme, et le dynamisme, enfin (3) le début de la causalité proprement physique avec la réaction environnante, premier pas vers la causalité mécanique, mais aussi la causalité par génération (encore teintée d'animisme et de dynamisme) appelée à se transformer en explication par composition atomistique, par raréfication, ou au contraire par condensation, cette évolution finissant par aboutir au type le plus élevé de causalité: "l'explication par déduction logique", qui repose sur des notions (par exemple la densité ou le poids spécifique) abstraites et construites à partir des lois observées dans les phénomènes physiques "en vue de la déduction" (des mêmes lois) et sans être "imposées par les faits" (p. 301).
Piaget revient ainsi sur la question épistémologique des rapports entre légalité et causalité (ou prévision et explication), en rappelant la solution exposée dans la deuxième section de l'ouvrage et en montrant comment légalité et causalité interagissent l'une avec l'autre comme le font l'induction et la déduction auxquelles il est d'ailleurs possible de les assimiler.
Il rappelle comment les lois, avant d'être déduites, entre autres, de notions abstraites telles que la densité ou le poids spécifique, sont engendrées par l'assimilation des faits observés à des "schémas" relevant de l'"intelligence corporelle" et non pas encore conceptuelle (voir à ce sujet le chapitre VII).
Enfin, il propose une interprétation de l'évolution de la mentalité et de la causalité enfantines qui implique aussi bien (1) les échanges sociaux (comme condition de passage de l'égocentrisme à la réciprocité sociale et au relativisme intelllectuel de la pensée) que (2) des mécanismes de construction intellectuelle tels que ceux observés dans la genèse de la déduction (Piaget évoque l'abstraction logique des "logisticiens" qui annonce la future abstraction logico-mathématique et réfléchissante).

(II) Quant aux considérations de méthode présentent dans ces conclusions, elles sont surtout intéressantes dans la mesure où elles permettent de cerner la conception que Piaget se fait alors des rapports entre psychologie et épistémologie. Tout en réaffirmant l'existence d'une continuité entre la psychologie génétique et l'épistémologie (celle-ci portant sur la totalité des connaissances du réel qui se succèdent dans l'histoire de la pensée humaine, mais aussi dans l'évolution de la mentalité enfantine), Piaget juge que les deux disciplines se distinguent par la conception que chacune se fait de la notion de réalité.
L'épistémologie, conçue ici dans la ligne des travaux philosophique et historico-critique de son maître Brunschvicg, aboutit à écarter tout référence à une réalité absolue. A chaque étape de l'histoire humaine comme à chaque étape du développement individuel, les sujets considèrent la réalité qui leur fait face et dont ils font partie comme étant la vraie et seule réalité. L'épistémologie conduit au contraire au relativisme critique en ce sens que le sujet prend conscience que la réalité reconnue comme telle à chaque étape est toujours dépendante de "schémas" de pensée intellectuellement construits pour saisir cette réalité (notons en passant qu'en 1927 encore, Piaget utilise le terme de schéma et non pas celui de "schème" utilisé par la suite).
Par contre, la psychologie génétique s'autorise par méthode à admettre comme réalité "absolue" celle que lui offre l'état actuel d'évolution des sciences de la nature. Ce faisant, et tout en sachant que cette réalité dépend elle aussi des schèmes d'assimilation du sujet) elle peut reprendre à son compte la démarche de la biologie de l'évolution, qui voit dans l'interaction entre les organismes et leur milieu la clé de l'explication de la transformation des espèces.
En d'autres termes, alors que l'épistémologie critique adopte une posture méthodologique qui relève de l'idéalisme critique, la psychologie adopte une posture réaliste-critique, tout en sachant que la connaissance qu'elle produit est aussi foncièrement relative à l'état d'avancement des sciences dont elle elle-même fait partie.
Cette distinction n'empêche par ailleurs nullement Piaget de souligner que les résultats, même limités, de la psychologie peuvent conforter des thèses proprement épistémologiques dans la mesure où ces résultats portent sur une partie — le développement psychogénétique de l'enfant contemporain — de la totalité toujours ouverte des étapes de construction du réel (les étapes appartenant au lointain passé et celles relevant de l'avenir échappant de fait ou de droit à tout examen).
Ainsi, même s'il ne concerne qu'une partie de la courbe totale de l'acquisition des connaissances, l'examen des stades franchis par les enfants suffit à réfuter l'empirisme (aussi bien physique que psychologique) autant que l'apriorisme (identifié ici avec le fixisme, peut-être en partie à tort si l'on considère que chez Kant déjà l'apriorisme n'est pas incompatible avec le constructivisme mathématique et que plus tard la composante historique y sera explicitement intégrée) au profit d'un interactionnisme sujet x milieu appelé à être ultérieurement profondément révisé et complété par un constructivisme issu des futures recherches sur la naissance de l'intelligence sensori-motrice, sur la genèse des structures opératoires de l'intelligence et sur les mécanismes de construction de ces structures.

1927.
La causalité physique chez l'enfant
Paris: F. Alcan.
Texte PDF mis à disposition le 11.03.2009
 - Présentation
[Les chapitres de cet ouvrage sont téléchargeables ICI.]

Complémentaire de l'étude sur "La représentation du monde chez l'enfant" (JP26), cet ouvrage sur "La causalité physique chez l'enfant" est le seul de tous les livres de psychologie génétique dont Piaget n'a pas éprouvé le besoin de le voir réédité. Nous le mettons à disposition de nos visiteurs non seulement en raison de son intérêt pour saisir l'évolution de l'œuvre piagétienne, mais aussi en raison de l'intérêt intrinsèque des résultats exposés (on y trouvera par exemple dans plusieurs chapitres des explications voisines de l'une des explications évoquées par Aristote pour rendre compte du mouvement des corps (l'antipéristasis).

1918.
Recherche
Lausanne: La Concorde.
Texte PDF mis à disposition le 06.03.2007
 - Présentation
Paru en 1918, ce texte de Piaget, son premier vrai livre, marque le passage de l’œuvre adolescente à l’œuvre adulte. Il est à la fois un extraordinaire bilan des réflexions philosophiques et religieuses poursuivies par l’auteur entre 1911 (date de sa première rencontre avec la philosophie) et 1916 (date de la crise profonde psychologique dont on trouve l’écho dans Recherche), et la présentation d’un faisceau de notions et de thèses qui sont le germe de la future conception piagétienne de l’évolution de la vie et de la pensée. Le jeune Piaget y révèle une maturité intellectuelle et morale exceptionnelle, ainsi qu’une connaissance très large de l’évolution des idées scientifiques, philosophiques et religieuses à la fin du XIXe et au début du XXe siècle…

1937.
La construction du réel chez l'enfant.
Conclusion - Index - Table des matières
Texte PDF mis à disposition le 03.03.2008
 - Présentation
Ce chapitre de conclusion n'offre pas seulement une brève mais lumineuse synthèse des résultats et réflexions des chapitres précédents ainsi que de l'ouvrage sur La naissance de l'intelligence (JP36) auquel La construction du réel est étroitement lié, mais un premier exposé d'ensemble des recherches conduites par Piaget et ses collaboratrices Inhelder et Szeminska sur la pensée concrète de l'enfant (développement des quantités physiques – substance, poids, volume – et des représentations spatiales et temporelles). Une comparaison peut ainsi être établie entre les étapes de la construction de l'objet matériel (mais non pas de son identité logique), du champ spatial et du champ temporel pendant les vingt premiers mois de la vie de l'enfant, et la construction des notions opératoires de substance, de poids, de volume, d'espace et de temps qui s'achèvera entre 7 et 10 ans environ – une comparaison qui permet une première détermination des raisons d'un tel décalage (passage du plan de l'action sensori-motrice au plan des représentions "pures", c'est-à-dire non directement reliées à l'action, passage donc de la logique de l'action à la logique de la pensée "représentative" et "socialisée").

Cette conclusion d'un ouvrage qui est une clé majeure du constructivisme piagétien a ainsi pour intérêt secondaire non négligeable de permettre de prendre connaissance des premières réflexions de Piaget relativement aux résultats des travaux encore en cours sur le développement de la pensée opératoire concrète. De ce fait, elle permet de prendre la pleine mesure des travaux et réflexions ultérieurs qui seront nécessaires pour atteindre des degrés d'explication supérieure à celle proposée à la fin des années trente, mais aussi jusqu'aux années 1940, quant au problème de la genèse des structures opératoires, elles-mêmes explicatives des propriétés de cette première forme de pensée rationnelle.


Les 5 derniers textes mis à disposition sont :

1966 Guy Cellérier.
Des imbroglios juridiques à la révolution épistémologique
Paru dans Psychologie et épistémologie génétiques. Thèmes piagétiens (Paris : Dunod, 1966).
Texte PDF mis à disposition le 17.07.2016

1966 M. Denis-Prinzhorn et J.-B. Grize.
La méthode clinique en pédagogie
Paru dans Psychologie et épistémologie génétiques. Thèmes piagétiens (Paris : Dunod, 1966).
Texte PDF mis à disposition le 02.07.2016
 - Présentation
Document numérisé par Stefan Meyer, que nous remercions d’avoir mis à notre disposition.

1928.
La causalité chez l’enfant
The British journal of psychology, 18, n. 3, pp. 276-301.
Texte PDF mis à disposition le 24.04.2016

1950.
Épistémologie génétique et méthodologie dialectique II
Dialectica, vol. 4 (n. 4) pp. 287-295. (Voir aussi les articles de F. Gonseth «L’épistémologie génétique et la méthodologie dialectique I et III», dans le même volume pp. 5-20 et 296-304.)
Texte PDF mis à disposition le 15.04.2016

1984 Jean-Jacques Ducret.
Piaget et l’épistémologie de la psychanalyse: quelques notes
in Archives de Psychologie, 1984, J2, 133-146
Texte PDF mis à disposition le 03.03.2016




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[…] le principe fondamental des méthodes actives ne saurait que s’inspirer de l’histoire des sciences et peut s’exprimer sous la forme suivante : comprendre c’est inventer, ou reconstruire par réinvention.