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Bien qu'ayant déjà été étudiée dans les années 1920, la question du langage n'est pas complètement absente de cet ouvrage portant sur une pensée encore essentiellement égocentrique (au sens très particulier où Piaget entend ce terme). Le langage, qui sera certes l'une des conditions d'acquisition de la pensée opératoire, est ici considéré seulement en tant que son usage entre 2 et 4 ans environ révèle des caractéristiques similaires à celles de la fonction symbolique, dont il est d'ailleurs l'une des composantes.
Enfin, relevons que, dès cette introduction, Piaget prend position par rapport aux critiques que lui avait adressées Henri Wallon au sujet de la continuité entre l'intelligence sensori-motrice et la pensée représentative et du rôle du facteur social dans la genèse de cette dernière.
Ce texte est le sixième chapitre de l'ouvrage sur "La psychologie de l'intelligence", publié en 1947 aux éditions Armand Colin. Piaget y expose en quelques pages et de manière très claire sa conception des interactions individu-société, et la façon dont les échanges sociaux sont une condition du développement de la pensée logique.
Dans ce bref article publié en 1954 dans la revue Dialectica, Piaget répond au philosophe suisse romand Henri Miéville qui, dans une étude sur l’idée même de vérité, mettait en doute la possibilité d’une épistémologie génétique visant à résoudre des problèmes de théorie de la connaissance au moyen du seul recours aux méthodes scientifiques de la psychologie, de la sociologie, de la logique, etc. Un tel projet ne pourrait qu’échouer dans la mesure où elle exigerait le recours à deux inconditionnés transcendantaux préalables: (1) le principe d’identité ou le postulat de l’existence d’un invariant, ainsi que (2) un équilibre idéal également présupposé et qui expliquerait que la raison n’évolue pas sans raison. Pour Piaget, la seule issue possible pour éviter les aléas de la réflexion philosophique consiste précisément à ne pas présupposer autre chose que les exigences méthodologiques, certes circulaires, des sciences impliquées dans le projet de l’épistémologie génétique — sciences comme la psychologie et la sociologie, en ce qui concerne les faits cognitifs, et sciences logiques en ce qui concerne tout ce qui touche à la déduction et à la modélisation concernant ces faits. Or ce que l’épistémologie génétique a jusqu’alors montré est que l’essor des jugements d’identité, et donc du principe d’identité, chez les sujets est intimement lié à l’acquisition de structures opératoires assurant la réversibilité de la pensée, et d’autre part que l’évolution de la raison révèle un accroissement d’équilibre, ce qui n’implique en rien le présupposé d’un équilibre idéal préexistant. Un double constat qui justifie à lui seul l’intérêt de l’épistémologie génétique —et donc d'une épistémologie scientifique au sens défini plus haut— pour la résolution de problèmes classiques de théorie de la connaissance.
Piaget reviendra au cours des années 1960 et 70 sur cette question du rôle et de la signification du principe d'identité dans la genèse des notions de conservation (voir par exemple le volume des Etudes d'épistémologie génétique rapportant les recherches entreprises au CIEG sur «L'épistémologie et la psychologie de l'identité», EEG24).
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