A comparer […] les diverses explications du mouvement données au cours du développement de la causalité, on s’aperçoit que toutes restent vraies à une certaine échelle d’observation, à partir de Galilée et de Descartes, tandis que les explications antérieures ont toutes dû abandonner le terrain de la physique elle-même. L’explication animiste du mouvement demeure p. ex. exacte si l’on veut, mais à la condition d’être réservée à la description globale des comportements psycho-physiologiques. L’explication d’Aristote, contraire au principe d’inertie et attribuant une finalité à tout mouvement naturel, est de même physiquement fausse et ne conserve une légitimité approximative que sur le plan biologique des mouvements réflexes ou instinctifs.
J. Piaget, , 1950, vol. 2, p. 287