Fondation Jean Piaget

Notions

Les définitions de notions présentées dans ce glossaire sont conçues comme provisoires et pouvant être modifiées, clarifiées ou complétées. Tout feed-back à leur sujet est le bienvenu. Il peut être adressé directement à J.-J. Ducret, ou en déposant un message sur le Forum du site.



A

abstraction empirique
Processus par lequel une information (la couleur, le poids, la force, etc.) est extraite d’un objet extérieur, des propriétés matérielles de l’action propre, voire même de propriétés des processus psychologiques, au moyen d’un cadre notionnel apriori ou d’un schème d’assimilation (rappelons que l’objet extérieur est lui-même le produit d’une construction de schèmes interagissant entre eux et avec leur milieu).
Définition élargie
"Nous nommons abstraction empirique celle qui porte sur les objets physiques ou sur les aspects matériels de l'action propre tels que des mouvements, poussées, etc." (EEG34, 6).

L’abstraction empirique est un processus qui consiste à ne retenir qu’une seule des multiples propriétés ou régularités intrinsèques à un objet (le corps propre compris) ou à un événement actuellement considéré par le sujet (par exemple la couleur d’un objet, la relation de succession qui unit deux événements, ou encore la relation de grandeur entre deux objets). Ce faisant, le système cognitif est informé de la valeur particulière prise par cet objet en ce qui concerne la propriété en question. Etant une prise d’information sur les propriétés d’un objet ou d’une suite d’événements, l’abstraction empirique exige une interaction entre le sujet de connaissance et la réalité qu’il considère. Une telle abstraction n’est par ailleurs possible que si le sujet possède une notion préalable des propriétés concernées de l’objet ou des événements considérés (par exemple la notion d’ordre temporel n’est pas tirée du constat empirique d’une relation de succession entre deux événements; elle est construite alors que le sujet apprend activement à coordonner temporellement ses actions et les événements qui s’y attachent). Contrairement aux conceptions empiristes de la connaissance, l’abstraction empirique ne suffit pas à elle seule à rendre compte de l’origine des connaissances empiriques, et encore moins de celle des connaissances logico-mathématiques.
 - Recherche dans "Présentation de l'oeuvre de Piaget"
"Nous nommons abstraction empirique celle qui porte sur les objets physiques ou sur les aspects matériels de l'action propre tels que des mouvements, poussées, etc." (EEG34, 6).

L’abstraction empirique est un processus qui consiste à ne retenir qu’une seule des multiples propriétés ou régularités intrinsèques à un objet (le corps propre compris) ou à un événement actuellement considéré par le sujet (par exemple la couleur d’un objet, la relation de succession qui unit deux événements, ou encore la relation de grandeur entre deux objets). Ce faisant, le système cognitif est informé de la valeur particulière prise par cet objet en ce qui concerne la propriété en question. Etant une prise d’information sur les propriétés d’un objet ou d’une suite d’événements, l’abstraction empirique exige une interaction entre le sujet de connaissance et la réalité qu’il considère. Une telle abstraction n’est par ailleurs possible que si le sujet possède une notion préalable des propriétés concernées de l’objet ou des événements considérés (par exemple la notion d’ordre temporel n’est pas tirée du constat empirique d’une relation de succession entre deux événements; elle est construite alors que le sujet apprend activement à coordonner temporellement ses actions et les événements qui s’y attachent). Contrairement aux conceptions empiristes de la connaissance, l’abstraction empirique ne suffit pas à elle seule à rendre compte de l’origine des connaissances empiriques, et encore moins de celle des connaissances logico-mathématiques.


abstraction logique
Synonyme de "division logique", l’abstraction logique est un terme technique qui, dans la logique élaborée par Piaget, désigne l’inverse de l’opération de multiplication logique. Etant donné un concept tel que, par exemple, celui de fleur rouge, l’abstraction logique revient à exclure l’un ou l’autre des prédicats dont la multiplication définit la classe des fleurs rouges. L’abstraction logique du prédicat de la couleur a ainsi pour résultat la classe des fleurs (ou le concept de fleur).


abstraction pseudo-empirique
L’abstraction pseudo-empirique est le processus par lequel le sujet peut prendre connaissance de certaines propriétés logico-mathématiques en s’appuyant sur l’ordre (logique ou mathématique) que ses activités (logico-mathématiques) introduisent dans les objets extérieurs sur lesquels elles portent.
Définition élargie
L’abstraction pseudo-empirique est le processus par lequel le sujet peut prendre connaissance de certaines propriétés logico-mathématiques en s’appuyant sur l’ordre (logique ou mathématique) que ses activités (logico-mathématiques) introduisent dans les objets extérieurs sur lesquels elles portent. Lorsque l’enfant découvre qu’il revient au même de compter les objets dans un ordre ou dans un autre, il fait une constatation pseudo-empirique de la propriété de commutativité de l’addition numérique. Cette constatation est pseudo-empirique, et non pas empirique, dans la mesure où c’est une propriété logico-mathématique et non pas physique (ni "physico-spatiale" ou "physico-temporelle") qui est ainsi découverte. Etant le résultat d’un constat pseudo-empirique, la connaissance logico-mathématique ainsi acquise n’a pas encore un statut opératoire.
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L’abstraction pseudo-empirique est le processus par lequel le sujet peut prendre connaissance de certaines propriétés logico-mathématiques en s’appuyant sur l’ordre (logique ou mathématique) que ses activités (logico-mathématiques) introduisent dans les objets extérieurs sur lesquels elles portent. Lorsque l’enfant découvre qu’il revient au même de compter les objets dans un ordre ou dans un autre, il fait une constatation pseudo-empirique de la propriété de commutativité de l’addition numérique. Cette constatation est pseudo-empirique, et non pas empirique, dans la mesure où c’est une propriété logico-mathématique et non pas physique (ni "physico-spatiale" ou "physico-temporelle") qui est ainsi découverte. Etant le résultat d’un constat pseudo-empirique, la connaissance logico-mathématique ainsi acquise n’a pas encore un statut opératoire.


abstraction réfléchissante
L’abstraction réfléchissante consiste à construire de nouvelles connaissances et structures logico-mathématiques en prenant appui sur des coordinations logico-mathématiques d’actions ou d’opérations déjà acquises.
Définition élargie
"L'abstraction réfléchissante comporte toujours deux aspects inséparables: d'une part un réfléchissement, c'est-à-dire la projection (comme pour un réflecteur) sur un palier supérieur de ce qui est tiré du palier inférieur (par exemple de l'action à la représentation), et d'autre part une réflexion en tant qu'acte mental de reconstruction et réorganisation sur le palier supérieur de ce qui est ainsi transféré de l'inférieur" (EEG35, 303).

L'abstraction réfléchissante est l'un des mécanismes centraux par lesquelles les formes ou les structures logico-mathématiques de la connaissance sont construites par le sujet. Elle est composée de deux processus. Le premier consiste à réfléchir (au sens quasi optique du terme) sur un nouveau plan une organisation d'action ou de pensée préalablement construite (l'enfant constate ou décrit par exemple les coordinations logiques d’une action composée qu'il vient de réaliser). Ce processus s’apparente à ce qui se passe sur le plan de l’abstraction empirique (ou pseudo-empirique), sauf que l’ordre est alors extrait des actions ou des opérations que le sujet a précédemment acquises. Mais ce premier processus de réflexion dépend par ailleurs des formes ou des concepts logico-mathématiques que le sujet est en train de construire sur ce nouveau plan, construction qui fait alors intervenir une activité de réflexion intellectuelle composée de régulations et d’activités logiques variées.
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"L'abstraction réfléchissante comporte toujours deux aspects inséparables: d'une part un réfléchissement, c'est-à-dire la projection (comme pour un réflecteur) sur un palier supérieur de ce qui est tiré du palier inférieur (par exemple de l'action à la représentation), et d'autre part une réflexion en tant qu'acte mental de reconstruction et réorganisation sur le palier supérieur de ce qui est ainsi transféré de l'inférieur" (EEG35, 303).

L'abstraction réfléchissante est l'un des mécanismes centraux par lesquelles les formes ou les structures logico-mathématiques de la connaissance sont construites par le sujet. Elle est composée de deux processus. Le premier consiste à réfléchir (au sens quasi optique du terme) sur un nouveau plan une organisation d'action ou de pensée préalablement construite (l'enfant constate ou décrit par exemple les coordinations logiques d’une action composée qu'il vient de réaliser). Ce processus s’apparente à ce qui se passe sur le plan de l’abstraction empirique (ou pseudo-empirique), sauf que l’ordre est alors extrait des actions ou des opérations que le sujet a précédemment acquises. Mais ce premier processus de réflexion dépend par ailleurs des formes ou des concepts logico-mathématiques que le sujet est en train de construire sur ce nouveau plan, construction qui fait alors intervenir une activité de réflexion intellectuelle composée de régulations et d’activités logiques variées.


abstraction simple
Par abstraction simple il convient d’entendre soit une abstraction empirique, soit une abstraction pseudo-empirique. La notion de simplicité signifie donc ici que les cadres ou schèmes d’assimilation déjà acquis suffisent à permettre l’extraction d’informations propre au processus d’abstraction en cours.
Définition élargie
Englobant les notions d'abstraction empirique et d’abstraction pseudo-empirique, l’abstraction simple revient à prendre connaissance d’une propriété physique (au sens le plus large), ou au contraire logico-mathématique, d’une réalité qui est l’objet actuel d’attention de la part du sujet. La notion de simplicité dont il est ici question renvoie donc seulement au fait qu’aucune activité constructive n’intervient au sein du processus en question (ce qui n’empêche pas que ce processus puisse être un moment d’une activité plus complexe qui, elle, fasse intervenir des processus de construction cognitive).

Si lors de ses premières utilisations Piaget identifiait cette notion à celle d’abstraction empirique, dite encore "aristotélicienne", la notion d’abstraction pseudo-empirique qu’il propose dans les années septante nous incite à considérer seulement la simplicité du mécanisme d’abstraction en jeu, sans tenir compte de son champ d’application. En d’autres termes, alors que ce qui sépare l’abstraction empirique de l’abstraction pseudo-empirique relève de considérations épistémologiques, ce qui sépare l’abstraction simple de l’abstraction logico-mathématique n’est pas forcément tel, mais est en tous les cas psychologique (absence ou présence d’un processus de construction cognitive).
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Englobant les notions d'abstraction empirique et d’abstraction pseudo-empirique, l’abstraction simple revient à prendre connaissance d’une propriété physique (au sens le plus large), ou au contraire logico-mathématique, d’une réalité qui est l’objet actuel d’attention de la part du sujet. La notion de simplicité dont il est ici question renvoie donc seulement au fait qu’aucune activité constructive n’intervient au sein du processus en question (ce qui n’empêche pas que ce processus puisse être un moment d’une activité plus complexe qui, elle, fasse intervenir des processus de construction cognitive).

Si lors de ses premières utilisations Piaget identifiait cette notion à celle d’abstraction empirique, dite encore "aristotélicienne", la notion d’abstraction pseudo-empirique qu’il propose dans les années septante nous incite à considérer seulement la simplicité du mécanisme d’abstraction en jeu, sans tenir compte de son champ d’application. En d’autres termes, alors que ce qui sépare l’abstraction empirique de l’abstraction pseudo-empirique relève de considérations épistémologiques, ce qui sépare l’abstraction simple de l’abstraction logico-mathématique n’est pas forcément tel, mais est en tous les cas psychologique (absence ou présence d’un processus de construction cognitive).


accommodat phénotypique
Un accommodat phénotypique désigne un organisme qui s’est modifié au cours de ses interactions avec son milieu. Selon Piaget, cette modification n’est pas prédéterminée dans les capacités adaptatives du système génétique, même si elle doit forcément être compatible avec ses potentialités.


accommodation
L’accommodation est l’activité par laquelle un organisme ou un schème est modifié ou se transforme en vue de s’ajuster à un milieu ou à un objet. En ce sens, elle résulte forcément d’une activité préalable ou d’un début d’assimilation de ce milieu ou de cet objet par l'organisme ou par le schème, activité qui ne peut alors aboutir sans une telle accommodation.


accommodation phénotypique
L’accommodation phénotypique est le processus par lequel un organisme s’adapte à un nouveau milieu, cette accommodation n’étant pas prédéterminée par le système génétique. Pour Piaget, ce processus pourrait en certains cas se répercuter sur ce système, en le contraignant à modifier son ensemble prédéterminé de réalisations phénotypiques possibles, c’est-à-dire en induisant une transformation adaptative du matériel héréditaire (en d’autres termes une accommodation génotypique).


acquisition phénotypique
Les acquisitions phénotypiques sont les transformations des organismes résultant des interactions avec un nouveau milieu. Ces transformations ne sont pas génétiquement prédéterminées (du moins pas complètement). Elles dépendent en partie de multiples interactions qui échappent au contrôle de l’hérédité


activité perceptive
Les activités perceptives dont il est question dans les recherches de Piaget sur les mécanismes perceptifs sont en général des activités de bas niveau, par lesquelles sont mis en rapport les "éléments" successivement centrés par un organe sensoriel.
Définition élargie
"L’activité perceptive consiste essentiellement à assurer le passage des perceptions les unes aux autres, autrement dit à établir les ressemblances et les différences entre rapports successivement perçus. Elle aboutit donc à autre chose qu'à la simple perception" (EG1 (182).

Lorsque le sujet prend empiriquement connaissance du milieu dans lequel il se trouve, il le fait communément au moyen de ses organes de perception, mais aussi au moyen d’un ensemble de connaissances préalables et de schèmes concernés par la situation extérieure. En un sens large, les activités perceptives désignent ainsi les actions ou les comportements de tout niveau par lesquels ces organes et ces schèmes constituent la connaissance (ou la reconnaissance) empirique de l’objet, de la scène ou de l’événement considéré.

En un sens plus étroit, qui est celui utilisé généralement par Piaget, les activités perceptives dont il est question dans les recherches sur les mécanismes perceptifs sont plus particulièrement les activités de bas niveau, par lesquelles un organe et un schème perceptifs balaient la réalité extérieure en mettant en rapport les différentes parties de cette réalité faisant l’objet des centrations successives de l’organe.
Parmi les activités perceptives considérées par Piaget, les activités perceptives primaires sont celles sur lesquelles le sujet n’a pas directement prises, comme notamment les micro-mouvements oculaires ou des processus physiologiques infrapsychologiques. Quant aux activités perceptives secondaires, il s’agit des micro-comportements des organes de perception qui découlent des connaissances acquises par le sujet concernant les caractéristiques du monde extérieur.
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"L’activité perceptive consiste essentiellement à assurer le passage des perceptions les unes aux autres, autrement dit à établir les ressemblances et les différences entre rapports successivement perçus. Elle aboutit donc à autre chose qu'à la simple perception" (EG1 (182).

Lorsque le sujet prend empiriquement connaissance du milieu dans lequel il se trouve, il le fait communément au moyen de ses organes de perception, mais aussi au moyen d’un ensemble de connaissances préalables et de schèmes concernés par la situation extérieure. En un sens large, les activités perceptives désignent ainsi les actions ou les comportements de tout niveau par lesquels ces organes et ces schèmes constituent la connaissance (ou la reconnaissance) empirique de l’objet, de la scène ou de l’événement considéré.

En un sens plus étroit, qui est celui utilisé généralement par Piaget, les activités perceptives dont il est question dans les recherches sur les mécanismes perceptifs sont plus particulièrement les activités de bas niveau, par lesquelles un organe et un schème perceptifs balaient la réalité extérieure en mettant en rapport les différentes parties de cette réalité faisant l’objet des centrations successives de l’organe.
Parmi les activités perceptives considérées par Piaget, les activités perceptives primaires sont celles sur lesquelles le sujet n’a pas directement prises, comme notamment les micro-mouvements oculaires ou des processus physiologiques infrapsychologiques. Quant aux activités perceptives secondaires, il s’agit des micro-comportements des organes de perception qui découlent des connaissances acquises par le sujet concernant les caractéristiques du monde extérieur.


adaptation phénotypique
L’adaptation phénotypique désigne le processus par lequel un organisme se transforme sous la pression des modifications du milieu, ou le résultat de ce processus, sans que cette transformation soit prédéterminée au niveau du système génétique de cet organisme.


addition des classes
L’addition des classes est le processus qui revient à ajouter une classe logique (par exemple la classe des tulipes) à une ou plusieurs classes (par exemple la classe des marguerites) avec pour résultat, dans la majorité des cas, la production d’une troisième classe (ici la classe des tulipes et des marguerites). Cette opération obéit à des lois de structure particulières.
Définition élargie
"L'addition logique ...n'est pas autre chose que la réunion des éléments en une classe ou de deux classes en une classe totale" (Le développement des quantités physiques, p. 266).

L’addition des classes est une opération qui consiste à ajouter une classe logique à une autre (ou à plusieurs classes), ou, en d’autres termes, à réunir les éléments d’une telle classe avec ceux d’une deuxième classe (qui peut être la première, comme par exemple l’addition de la classe des fleurs avec la classe des fleurs). Il est important de noter que la réalisation d’une opération d’addition ne supprime pas les classes ainsi additionnées, mais construit une nouvelle classe qui inclut ses composantes. Les opérations d’addition de classes constituent, avec leurs inverses, un groupement dont les propriétés mathématiques sont partiellement identiques à celles du groupe des opérations d’addition et de soustraction numériques.
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"L'addition logique ...n'est pas autre chose que la réunion des éléments en une classe ou de deux classes en une classe totale" (Le développement des quantités physiques, p. 266).

L’addition des classes est une opération qui consiste à ajouter une classe logique à une autre (ou à plusieurs classes), ou, en d’autres termes, à réunir les éléments d’une telle classe avec ceux d’une deuxième classe (qui peut être la première, comme par exemple l’addition de la classe des fleurs avec la classe des fleurs). Il est important de noter que la réalisation d’une opération d’addition ne supprime pas les classes ainsi additionnées, mais construit une nouvelle classe qui inclut ses composantes. Les opérations d’addition de classes constituent, avec leurs inverses, un groupement dont les propriétés mathématiques sont partiellement identiques à celles du groupe des opérations d’addition et de soustraction numériques.


addition des relations
Dans ses différents travaux de psychologie génétique, l’addition des relations considérée par Piaget concerne avant tout l’addition des relations asymétriques. Cette addition porte sur les différences entre les éléments mis en relation.
Définition élargie
Dans ses différents travaux de psychologie génétique, l’addition des relations considérée par Piaget concerne avant tout l’addition des relations asymétriques. Cette addition porte sur les différences entre les éléments mis en relation. Par exemple, l’activité opératoire de sériation des longueurs met en jeu des opérations d’addition des différences de longueur entre les éléments sériés. L’opération d’addition des relations est accompagnée de la notion d’emboîtement des différences additionnées (ou soustraites).

De même que l’addition des classes, les opérations d’addition et de soustraction des relations asymétriques forment un groupement qui obéit à des lois mathématiques proches de celles du groupe des additions et des soustractions de nombres entiers (mais non pas identiques dans la mesure où le groupe arithmétique implique une fusion des propriétés de classe et de relation asymétrique qui fait tomber certaines restrictions propres à la structure de groupement, à laquelle obéissent tant l’addition des relations asymétriques que celle des classes).
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Dans ses différents travaux de psychologie génétique, l’addition des relations considérée par Piaget concerne avant tout l’addition des relations asymétriques. Cette addition porte sur les différences entre les éléments mis en relation. Par exemple, l’activité opératoire de sériation des longueurs met en jeu des opérations d’addition des différences de longueur entre les éléments sériés. L’opération d’addition des relations est accompagnée de la notion d’emboîtement des différences additionnées (ou soustraites).

De même que l’addition des classes, les opérations d’addition et de soustraction des relations asymétriques forment un groupement qui obéit à des lois mathématiques proches de celles du groupe des additions et des soustractions de nombres entiers (mais non pas identiques dans la mesure où le groupe arithmétique implique une fusion des propriétés de classe et de relation asymétrique qui fait tomber certaines restrictions propres à la structure de groupement, à laquelle obéissent tant l’addition des relations asymétriques que celle des classes).


addition logique
La notion d’addition logique rassemble sous un même concept mathématique les notions d’addition de classes et d’addition de relations. Les différents groupements d’opérations additives et d’opérations soustractives caractéristiques des activités logiques du sujet obéissent à des lois mathématiques spéciales, proches de celles du groupe mathématique, décrites par Piaget dans ses différents ouvrages de logique opératoire.


algèbre logique
L’algèbre logique consiste à appliquer aux objets de la science logique les concepts et les méthodes de l’algèbre numérique classique. Elle porte sur les opérations qui interviennent dans le calcul des classes, des relations ou des propositions.
Définition élargie
Discipline mathématique dont les racines remontent à Leibniz mais qui a connu son réel essor dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle, l’algèbre logique consiste à appliquer aux objets de la science logique les concepts et les méthodes de l’algèbre numérique classique. Elle porte sur les opérations qui interviennent dans le calcul des classes, des relations ou des propositions.

L’activité ou la réalité logiques sont vues comme faites d’opérations ou d’opérateurs agissant sur des êtres logiques tels que les propositions, les classes ou les relations, ainsi que des variables de propositions, de classes ou de relations, etc. L’algèbre logique est alors la science de ces opérations logiques que sont l’addition ou la réunion des classes, leur multiplication, l’addition ou la multiplication des relations, ou encore des propositions. Guidée par cette science, l’activité logique peut ainsi donner lieu à un calcul, qui peut être mécanisé, et qui, dans son fonctionnement, est voisin du calcul algébrique classique (dans lequel les opérations agissent sur des nombres et des variables numériques).
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Discipline mathématique dont les racines remontent à Leibniz mais qui a connu son réel essor dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle, l’algèbre logique consiste à appliquer aux objets de la science logique les concepts et les méthodes de l’algèbre numérique classique. Elle porte sur les opérations qui interviennent dans le calcul des classes, des relations ou des propositions.

L’activité ou la réalité logiques sont vues comme faites d’opérations ou d’opérateurs agissant sur des êtres logiques tels que les propositions, les classes ou les relations, ainsi que des variables de propositions, de classes ou de relations, etc. L’algèbre logique est alors la science de ces opérations logiques que sont l’addition ou la réunion des classes, leur multiplication, l’addition ou la multiplication des relations, ou encore des propositions. Guidée par cette science, l’activité logique peut ainsi donner lieu à un calcul, qui peut être mécanisé, et qui, dans son fonctionnement, est voisin du calcul algébrique classique (dans lequel les opérations agissent sur des nombres et des variables numériques).


analyse biométrique
L’analyse biométrique se caractérise par l’application des méthodes statistiques et de la mesure aux êtres vivants. Dans l’usage qu’en fait Piaget, elle a pour objet l’étude non seulement de la fréquence et du mode d’association des caractères des organismes, mais également de l’amplitude de leurs variations morphogénétiques.


analyse psychogénétique
L’analyse psychogénétique est l’un des procédés utilisés par l’approche comparative. Dans l’analyse psychogénétique, les phénomènes comparés sont les conduites d’enfants de tous les âges en rapport avec une certaine réalité (par exemple par rapport à l’espace). Le but le plus direct de cette analyse est de mettre en évidence les ressemblances et les différences entre ces conduites; le but indirect, d’éclairer psychogénétiquement la forme achevée des réalités étudiées.
Définition élargie
L’analyse psychogénétique est l’un des procédés utilisés par l’approche comparative. Cette approche consiste à mettre en évidence les particularités d’une sous-classe de phénomènes en la comparant à d’autres sous-classes appartenant à la même classe générale. Dans l’analyse psychogénétique, les phénomènes comparés sont les conduites d’enfants de tous les âges, conduites ayant trait à tel ou tel aspect de la vie psychologique de l’individu. L’analyse comparée de ces conduites permet de les regrouper en des sous-classes se distinguant qualitativement les unes des autres, et de mettre en évidence dans leur apparition un ordre temporel et, dans le meilleur des cas, logique. Les caractéristiques ainsi dégagées fournissent ou suggèrent alors une explication au moins partielle de la présence ou de l’absence de tel ou tel groupe de conduites à telle ou telle étape de développement de la classe de phénomènes considérés.

L’analyse psychogénétique a été prônée au dix-neuvième siècle par Spencer comme méthode propice à l’essor de la psychologie. Son usage par Baldwin, et par d’autres auteurs de la fin du dix-neuvième siècle et du début du vingtième, est lié à la création de la psychologie génétique.
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L’analyse psychogénétique est l’un des procédés utilisés par l’approche comparative. Cette approche consiste à mettre en évidence les particularités d’une sous-classe de phénomènes en la comparant à d’autres sous-classes appartenant à la même classe générale. Dans l’analyse psychogénétique, les phénomènes comparés sont les conduites d’enfants de tous les âges, conduites ayant trait à tel ou tel aspect de la vie psychologique de l’individu. L’analyse comparée de ces conduites permet de les regrouper en des sous-classes se distinguant qualitativement les unes des autres, et de mettre en évidence dans leur apparition un ordre temporel et, dans le meilleur des cas, logique. Les caractéristiques ainsi dégagées fournissent ou suggèrent alors une explication au moins partielle de la présence ou de l’absence de tel ou tel groupe de conduites à telle ou telle étape de développement de la classe de phénomènes considérés.

L’analyse psychogénétique a été prônée au dix-neuvième siècle par Spencer comme méthode propice à l’essor de la psychologie. Son usage par Baldwin, et par d’autres auteurs de la fin du dix-neuvième siècle et du début du vingtième, est lié à la création de la psychologie génétique.


analyse réflexive
Démarche habituellement liée à l’activité philosophique, l’analyse réflexive est une conduite intellectuelle qui consiste à considérer un objet quelconque de pensée pour en dégager la signification, les raisons ou les conditions de possibilité.
Définition élargie
Démarche souvent rattachée à l’activité philosophique, l’analyse réflexive est une conduite intellectuelle qui consiste à partir d’un objet de pensée quelconque pour en dégager la signification, les raisons ou les conditions de possibilité. Cette conduite met en oeuvre l’activation de schèmes mentaux qui se différencient et se coordonnent de manière à aboutir à la clarification souhaitée.

Selon les cas, l’analyse réflexive peut prendre la forme de l’analyse logique d’une idée ou d’une notion (telle que par exemple celle de justice), ou bien celle de la recherche des raisons d’une conduite ou d’un phénomène, ou bien encore la forme d’une réflexion transcendantale s’efforçant de découvrir par déduction les conditions de possibilité d’une connaissance, d’un jugement, etc., et de parvenir ainsi à la source même de l’activité de pensée (le sujet, les formes apriori de la pensée, etc.). Bien que n’étant pas suffisante pour assurer l’objectivité de ses jugements, l’analyse réflexive est l’une des composantes les plus importantes de la vie non seulement intellectuelle, mais également scientifique, dans la mesure où elle est la source de nouveaux concepts et de nouvelles idées, dont la science et ses méthodes auront alors charge de mesurer la valeur et la portée.
 - Recherche dans "Présentation de l'oeuvre de Piaget"
Démarche souvent rattachée à l’activité philosophique, l’analyse réflexive est une conduite intellectuelle qui consiste à partir d’un objet de pensée quelconque pour en dégager la signification, les raisons ou les conditions de possibilité. Cette conduite met en oeuvre l’activation de schèmes mentaux qui se différencient et se coordonnent de manière à aboutir à la clarification souhaitée.

Selon les cas, l’analyse réflexive peut prendre la forme de l’analyse logique d’une idée ou d’une notion (telle que par exemple celle de justice), ou bien celle de la recherche des raisons d’une conduite ou d’un phénomène, ou bien encore la forme d’une réflexion transcendantale s’efforçant de découvrir par déduction les conditions de possibilité d’une connaissance, d’un jugement, etc., et de parvenir ainsi à la source même de l’activité de pensée (le sujet, les formes apriori de la pensée, etc.). Bien que n’étant pas suffisante pour assurer l’objectivité de ses jugements, l’analyse réflexive est l’une des composantes les plus importantes de la vie non seulement intellectuelle, mais également scientifique, dans la mesure où elle est la source de nouveaux concepts et de nouvelles idées, dont la science et ses méthodes auront alors charge de mesurer la valeur et la portée.


animisme
L’animisme est une forme primitive de causalité dans laquelle la réalité tout entière tend à être conçue comme peuplée d’êtres animés, dotés d’un vouloir-être et d’un vouloir-faire plus ou moins conscient. Ainsi les nuages bougent parce qu’ils veulent bouger, comme le font les animaux lorsqu’ils se déplacent.
Définition élargie
L’animisme est une forme primitive de causalité dans laquelle la réalité tout entière tend à être conçue comme peuplée d’êtres animés, dotés d’un vouloir-être et d’un vouloir-faire plus ou moins conscient. Ainsi les nuages bougent parce qu’ils veulent bouger, comme le font les animaux lorsqu’ils se déplacent. Pour la mentalité animiste, la cause première des phénomènes est considérée comme interne aux êtres qui y sont impliqués. L’animisme est tout à la fois un biocentrisme et un psychocentrisme diffus, qui tend à identifier chaque être extérieur à la notion spontanée que l’être humain se fait de lui-même, comme source d’action sur la réalité extérieure.
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L’animisme est une forme primitive de causalité dans laquelle la réalité tout entière tend à être conçue comme peuplée d’êtres animés, dotés d’un vouloir-être et d’un vouloir-faire plus ou moins conscient. Ainsi les nuages bougent parce qu’ils veulent bouger, comme le font les animaux lorsqu’ils se déplacent. Pour la mentalité animiste, la cause première des phénomènes est considérée comme interne aux êtres qui y sont impliqués. L’animisme est tout à la fois un biocentrisme et un psychocentrisme diffus, qui tend à identifier chaque être extérieur à la notion spontanée que l’être humain se fait de lui-même, comme source d’action sur la réalité extérieure.


antipsychologisme
L’antipsychologisme désigne l’attitude d’esprit adoptée par les philosophes logiciens à l’encontre de toute tentative d’éclairer l’origine ou la nature des normes et des formes logiques, et plus généralement rationnelles, au moyen de recherches psychologiques. Cette attitude trouve son point de départ dans les essais malencontreux de philosophes et de psychologues qui ont cherché à réduire ces normes à des lois psychologiques, telles que celles supposées expliquer l’association des idées.


apriori
Par apriori il faut d'abord entendre les conditions logiques (ou transcendantales au sens de Kant) de la connaissance objective d'une réalité quelconque. Par exemple, pour percevoir un objet dans l'espace, il est nécessaire que le sujet ait une notion préalable (au sens épistémologique) de l'espace. A cette première signification, l'épistémologie génétique en ajoute une deuxième, non plus exclusivement logique mais aussi temporelle: une condition peut être apriori au sens de Kant, et pourtant non donnée au départ de la psychogenèse.


apriorisme
"Apriorisme" désigne la conception kantienne de la connaissance objective. Selon Kant, il n'est pas possible au sujet de percevoir des objets ou d'expliquer les phénomènes sans la présence préalable (au sens épistémologique du terme) de formes et de catégories apriori de la sensibilité et de l'entendement. Ce sont ces formes de la sensibilité et ces catégories de l'entendement, préalables à toute expérience, qui lui permettent de construire des objets géométriques, de voir le divers de l'expérience sous la forme d'objets physiques, ou encore de découvrir les lois auxquelles obéit l'enchaînement des phénomènes. Il convient de souligner que Kant ne s'est pas interrogé sur l'origine ou la genèse de ces apriori. Ce problème ne sera abordé que par les philosophes qui s'inscriront dans la filiation kantienne et qui pourront par ailleurs intégrer les connaissances apportées par l'histoire des sciences et plus généralement de la pensée humaine.


artificialisme
L’artificialisme est une forme primitive de causalité dans laquelle l’ensemble des phénomènes extérieurs sont expliqués de la même manière que peuvent l’être les produits de l’intelligence humaine. De même que le potier fabrique un pot en étant guidé par son projet et par un certain nombre de connaissances pratiques et théoriques liées à son art, de même les phénomènes observés dans le monde extérieur seraient le résultat d’un projet et d’un art utilisés par des êtres conçus à l’image de l’homme et de son intelligence.
Définition élargie
L’artificialisme est une forme primitive de causalité dans laquelle l’ensemble des phénomènes extérieurs sont expliqués de la même manière que peuvent l’être les produits de l’intelligence humaine. De même que le potier fabrique un pot en étant guidé par son projet et par un certain nombre de connaissances pratiques et théoriques liées à son art, de même les phénomènes observés dans le monde extérieur seraient le résultat d’un projet et d’un art utilisés par des êtres conçus à l’image de l’homme et de son intelligence.

Sous sa forme la plus développée, cette forme d’explication est relativement sophistiquée dans la mesure où elle implique une claire distinction entre les catégories de moyen et de fin, ainsi qu’entre les notions d’être inerte et d’être intelligent. Dans les premières étapes de la pensée de l'enfant cependant, il n'y a pas de distinction claire entre être inerte et être vivant, et un être ultérieurement considéré comme inerte peut pour des raisons plus ou moins ad hoc être considéré comme vivant et susceptible de produire une réalité en vue de satisfaire une fin bien précise.
 - Recherche dans "Présentation de l'oeuvre de Piaget"
L’artificialisme est une forme primitive de causalité dans laquelle l’ensemble des phénomènes extérieurs sont expliqués de la même manière que peuvent l’être les produits de l’intelligence humaine. De même que le potier fabrique un pot en étant guidé par son projet et par un certain nombre de connaissances pratiques et théoriques liées à son art, de même les phénomènes observés dans le monde extérieur seraient le résultat d’un projet et d’un art utilisés par des êtres conçus à l’image de l’homme et de son intelligence.

Sous sa forme la plus développée, cette forme d’explication est relativement sophistiquée dans la mesure où elle implique une claire distinction entre les catégories de moyen et de fin, ainsi qu’entre les notions d’être inerte et d’être intelligent. Dans les premières étapes de la pensée de l'enfant cependant, il n'y a pas de distinction claire entre être inerte et être vivant, et un être ultérieurement considéré comme inerte peut pour des raisons plus ou moins ad hoc être considéré comme vivant et susceptible de produire une réalité en vue de satisfaire une fin bien précise.


assimilation
L’assimilation est le processus par lequel une réalité extérieure est intégrée à un schème. Pour Piaget, le processus d’assimilation est la condition de toute appréhension, par les systèmes cognitifs ou les schèmes, des réalités auxquelles ils sont confrontés ou avec lesquelles ils entrent en interaction.
Définition élargie
L’assimilation est le processus par lequel une réalité extérieure est intégrée à un schème. Pour Piaget, le processus d’assimilation est la condition de toute appréhension, par les systèmes cognitifs ou les schèmes, des réalités auxquelles ils sont confrontés ou avec lesquelles ils entrent en interaction. Du point de vue de l’observateur qui l’étudie, toute activité cognitive est en effet une mise en relation d’un sujet avec un objet (au sens large qui inclut autrui) au cours de laquelle le premier peut chercher à reconnaître, à transformer, à expliquer ou à comprendre le second, ce qui ne peut se faire que par l’intermédiaire de notions et de savoir-faire intellectuels préalables (classifications, mises en relation, etc.), qui servent de cadres d’assimilation de l’objet considéré. Il ne saurait donc y avoir de saisie pure de ce qui s’offre au sujet, ce qui est appréhendé par quelque canal sensoriel que ce soit recevant forcément l’empreinte du cadre cognitif utilisé lors de sa saisie.

Comme son nom l’indique, l’assimilation revient à transformer l’autre en même, ce processus pouvant être accompagné de son contraire, l’accommodation ou la transformation du cadre d’assimilation en raison des limitations ou des obstacles qu’il rencontre.
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L’assimilation est le processus par lequel une réalité extérieure est intégrée à un schème. Pour Piaget, le processus d’assimilation est la condition de toute appréhension, par les systèmes cognitifs ou les schèmes, des réalités auxquelles ils sont confrontés ou avec lesquelles ils entrent en interaction. Du point de vue de l’observateur qui l’étudie, toute activité cognitive est en effet une mise en relation d’un sujet avec un objet (au sens large qui inclut autrui) au cours de laquelle le premier peut chercher à reconnaître, à transformer, à expliquer ou à comprendre le second, ce qui ne peut se faire que par l’intermédiaire de notions et de savoir-faire intellectuels préalables (classifications, mises en relation, etc.), qui servent de cadres d’assimilation de l’objet considéré. Il ne saurait donc y avoir de saisie pure de ce qui s’offre au sujet, ce qui est appréhendé par quelque canal sensoriel que ce soit recevant forcément l’empreinte du cadre cognitif utilisé lors de sa saisie.

Comme son nom l’indique, l’assimilation revient à transformer l’autre en même, ce processus pouvant être accompagné de son contraire, l’accommodation ou la transformation du cadre d’assimilation en raison des limitations ou des obstacles qu’il rencontre.


assimilation génétique
L’assimilation génétique est le processus par lequel la production d’un caractère phénotypique, liée initialement aux interactions créatrices des organismes d’une certaine espèce (ou variété héréditaire) avec le milieu dans lequel ils se trouvent, est progressivement prise en charge et déterminée par le système génétique des organismes de cette espèce, les caractéristiques du milieu servant alors tout au plus de signaux déclencheurs de cette production.


assimilation réciproque
Lorsque deux systèmes cognitifs ou deux schèmes sont susceptibles d’agir sur une commune réalité (par exemple un schème visuel et un schème de préhension), l’assimilation de cette réalité par l’un des deux schèmes peut modifier la réalité qui est l’objet d’assimilation du second. Le cadre d’assimilation du second va dès lors peu à peu se différencier de manière à permettre l’assimilation des modifications en question (et vice versa). De ce processus peut surgir un schème nouveau, incorporant les deux précédents.
Définition élargie
Lorsque deux systèmes cognitifs ou deux schèmes sont susceptibles d’agir sur une commune réalité (par exemple la vision par le bébé de ses deux mains et le déplacement simultané de celles-ci, ou encore le schème de vision d’un objet et le schème de préhension de ce même objet), l’assimilation de cette réalité par l’un des deux systèmes peut modifier la réalité qui est l’objet d’assimilation du second. Le cadre d’assimilation du second va dès lors peu à peu se différencier de manière à permettre l’intégration des modifications en question. La même chose se produisant dans l’autre sens, les deux schèmes activés vont interagir de façon de plus en plus étroite, en donnant ainsi naissance à un schème les fusionnant ou les coordonnant, selon le niveau de maîtrise des interactions atteint par le sujet. Dans l’exemple de la vision et de la préhension, un schème de vision-préhension va naître de la fusion ou de la coordination consciente des schèmes fonctionnant d’abord de manière indépendante, quoique simultanée.

Intégré dans le schème englobant, chacun des deux schèmes de départ peut ainsi tour à tour servir de moyen à l’autre schème. Ce moyen reste alors implicite ou inconnu du sujet dans le cas d’un processus de fusion des schèmes initiaux (le bébé, qui saisit sans problème un objet se trouvant en tel lieu de son espace visuel grâce au rapprochement de sa main puis à la prise de l’objet, n’a pas conscience que la vision de la distance entre sa main et l’objet règle le déplacement de sa main); il peut au contraire devenir conscient dans le cas où le sujet utilise intentionnellement l’un des deux schèmes comme instrument permettant d’atteindre le but fixé par le second schème (saisir un objet qui se trouve à l’intérieur d’un autre, la prise du second étant la condition de la vision du premier, ou bien, en sens inverse, inspecter un objet pour le saisir de la façon la plus adéquate).
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Lorsque deux systèmes cognitifs ou deux schèmes sont susceptibles d’agir sur une commune réalité (par exemple la vision par le bébé de ses deux mains et le déplacement simultané de celles-ci, ou encore le schème de vision d’un objet et le schème de préhension de ce même objet), l’assimilation de cette réalité par l’un des deux systèmes peut modifier la réalité qui est l’objet d’assimilation du second. Le cadre d’assimilation du second va dès lors peu à peu se différencier de manière à permettre l’intégration des modifications en question. La même chose se produisant dans l’autre sens, les deux schèmes activés vont interagir de façon de plus en plus étroite, en donnant ainsi naissance à un schème les fusionnant ou les coordonnant, selon le niveau de maîtrise des interactions atteint par le sujet. Dans l’exemple de la vision et de la préhension, un schème de vision-préhension va naître de la fusion ou de la coordination consciente des schèmes fonctionnant d’abord de manière indépendante, quoique simultanée.

Intégré dans le schème englobant, chacun des deux schèmes de départ peut ainsi tour à tour servir de moyen à l’autre schème. Ce moyen reste alors implicite ou inconnu du sujet dans le cas d’un processus de fusion des schèmes initiaux (le bébé, qui saisit sans problème un objet se trouvant en tel lieu de son espace visuel grâce au rapprochement de sa main puis à la prise de l’objet, n’a pas conscience que la vision de la distance entre sa main et l’objet règle le déplacement de sa main); il peut au contraire devenir conscient dans le cas où le sujet utilise intentionnellement l’un des deux schèmes comme instrument permettant d’atteindre le but fixé par le second schème (saisir un objet qui se trouve à l’intérieur d’un autre, la prise du second étant la condition de la vision du premier, ou bien, en sens inverse, inspecter un objet pour le saisir de la façon la plus adéquate).


associationnisme
L’associationnisme est une théorie de l’acquisition des idées développée par plusieurs philosophes du dix-huitième siècle, qui acceptent la thèse empiriste selon laquelle toute connaissance a sa source dans la réalité extérieure et procède de l’expérience sensorielle liant le sujet à cette réalité. Selon cette conception, les connaissances sont acquises par un mécanisme passif d’association d’idées permettant de refléter les régularités internes au monde extérieur. Cette thèse sera reprise par la majorité des psychologues de la fin du dix-neuvième siècle et du début du vingtième.
Définition élargie
L’associationnisme est une théorie de l’acquisition des idées développée par plusieurs philosophes du dix-huitième siècle, qui acceptent la thèse empiriste selon laquelle toute connaissance a sa source dans la réalité extérieure et procède de l’expérience sensorielle liant le sujet à cette réalité. Reprise et actualisée par la majorité des psychologues de la fin du dix-neuvième siècle, cette conception revient à soutenir que toute idée complexe résulte d’un lien automatiquement établi entre des idées plus élémentaires, ceci en fonction des rapports de simultanéité ou d’enchaînement temporel, ainsi que de contiguïté spatiale, des événements du monde extérieur se reflétant sur l’appareil sensoriel des sujets.

Cette explication est vraisemblablement celle qui s’offre d’emblée lorsque le sujet cherche à expliquer l’origine des connaissances et on en trouve le germe chez des philosophes grecs qui, comme Aristote, se sont penchés sur l’origine des connaissances empiriques. La réflexion critique engagée par Kant rend pourtant manifestes les limites des thèses empiristes et associationnistes, dont l’incapacité de rendre compte de l’origine et de la genèse des connaissances rationnelles, sauf à les réduire aux connaissances empiriques et à ouvrir ainsi la porte au scepticisme ou au nihilisme quant à la possibilité d’une science objective.

Lorsque Piaget reprendra le flambeau de l’épistémologie et qu’il utilisera la psychologie génétique et expérimentale pour étudier la nature des connaissances, l’un de ses soucis sera précisément de compléter par des données empiriques, les arguments de raison apportés par les philosophes des sciences, dans la tradition desquels il s’inscrit, et qui se sont efforcés de montrer que l’objectivité des connaissances tient pour une part essentielle à des facteurs intérieurs, et non pas extérieurs, au sujet.
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L’associationnisme est une théorie de l’acquisition des idées développée par plusieurs philosophes du dix-huitième siècle, qui acceptent la thèse empiriste selon laquelle toute connaissance a sa source dans la réalité extérieure et procède de l’expérience sensorielle liant le sujet à cette réalité. Reprise et actualisée par la majorité des psychologues de la fin du dix-neuvième siècle, cette conception revient à soutenir que toute idée complexe résulte d’un lien automatiquement établi entre des idées plus élémentaires, ceci en fonction des rapports de simultanéité ou d’enchaînement temporel, ainsi que de contiguïté spatiale, des événements du monde extérieur se reflétant sur l’appareil sensoriel des sujets.

Cette explication est vraisemblablement celle qui s’offre d’emblée lorsque le sujet cherche à expliquer l’origine des connaissances et on en trouve le germe chez des philosophes grecs qui, comme Aristote, se sont penchés sur l’origine des connaissances empiriques. La réflexion critique engagée par Kant rend pourtant manifestes les limites des thèses empiristes et associationnistes, dont l’incapacité de rendre compte de l’origine et de la genèse des connaissances rationnelles, sauf à les réduire aux connaissances empiriques et à ouvrir ainsi la porte au scepticisme ou au nihilisme quant à la possibilité d’une science objective.

Lorsque Piaget reprendra le flambeau de l’épistémologie et qu’il utilisera la psychologie génétique et expérimentale pour étudier la nature des connaissances, l’un de ses soucis sera précisément de compléter par des données empiriques, les arguments de raison apportés par les philosophes des sciences, dans la tradition desquels il s’inscrit, et qui se sont efforcés de montrer que l’objectivité des connaissances tient pour une part essentielle à des facteurs intérieurs, et non pas extérieurs, au sujet.


associativité
L’associativité est l’une des propriétés caractéristiques de certaines structures mathématiques. Etant donné trois éléments ou trois opérations quelconques de l’une de ces structures (le groupe de l’addition des nombres entiers par exemple), leur composition est dite associative s’il revient au même de composer la première opération avec la seconde avant de composer l’opération résultante avec la troisième, ou de composer d’abord les deuxième et troisième pour composer ensuite l’opération résultante avec la première opération.
Définition élargie
L’associativité est l’une des propriétés caractéristiques de certaines structures mathématiques. Etant donné trois éléments ou trois opérations quelconques de l’une de ces structures (le groupe de l’addition des nombres entiers par exemple), leur composition est dite associative s’il revient au même de composer la première opération avec la seconde avant de composer l’opération résultante avec la troisième, ou de composer d’abord les deuxième et troisième pour composer ensuite l’opération résultante avec la première opération.

Selon Piaget cette propriété n’a pas seulement une valeur structurale, et ne concerne pas seulement certaines structures construites par les mathématiciens, mais elle a aussi une valeur fonctionnelle (au sens biologique du terme), et elle est en rapport avec le fonctionnement de l’intelligence sensori-motrice, puis représentative. Elle peut prendre alors des formes différentes selon le type d’action ou d’opération en jeu. Ainsi, dans le cas des actions sensori-motrices ou dans celui des opérations de la logique concrète de l’enfant, la propriété d’associativité ne peut pas porter sur des éléments quelconques, mais uniquement sur des éléments contigus, c’est-à-dire des actions ou des opérations qui se font de proche en proche, en fonction des résultats successivement atteints. En arithmétique par contre, il est possible de composer n’importe que triplet d’opérations. Les restrictions de la propriété d’associativité au sein des groupements d’opérations concrètes rendent plus difficile la formalisation mathématique de ces structures.
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L’associativité est l’une des propriétés caractéristiques de certaines structures mathématiques. Etant donné trois éléments ou trois opérations quelconques de l’une de ces structures (le groupe de l’addition des nombres entiers par exemple), leur composition est dite associative s’il revient au même de composer la première opération avec la seconde avant de composer l’opération résultante avec la troisième, ou de composer d’abord les deuxième et troisième pour composer ensuite l’opération résultante avec la première opération.

Selon Piaget cette propriété n’a pas seulement une valeur structurale, et ne concerne pas seulement certaines structures construites par les mathématiciens, mais elle a aussi une valeur fonctionnelle (au sens biologique du terme), et elle est en rapport avec le fonctionnement de l’intelligence sensori-motrice, puis représentative. Elle peut prendre alors des formes différentes selon le type d’action ou d’opération en jeu. Ainsi, dans le cas des actions sensori-motrices ou dans celui des opérations de la logique concrète de l’enfant, la propriété d’associativité ne peut pas porter sur des éléments quelconques, mais uniquement sur des éléments contigus, c’est-à-dire des actions ou des opérations qui se font de proche en proche, en fonction des résultats successivement atteints. En arithmétique par contre, il est possible de composer n’importe que triplet d’opérations. Les restrictions de la propriété d’associativité au sein des groupements d’opérations concrètes rendent plus difficile la formalisation mathématique de ces structures.


atomisme
L’atomisme est une conception de la réalité qui consiste à soutenir la thèse selon laquelle l’univers est composé d’atomes ou éléments insécables. Dans sa "Critique de la raison pure", Kant a montré que, sous-jacente à cette thèse, se trouve une idée directrice de la raison qui pousse celle-ci à rechercher de tels éléments. Les travaux de Piaget et Inhelder sur le développement des quantités physiques chez l’enfant révèlent, quant à eux, comment l’apparition de l’intuition atomistique est liée à la construction des structures opératoires de l’intelligence.


atomisme logique
L’atomisme logique est la transposition sur le plan de la logique de la thèse selon laquelle la réalité matérielle est composée d’éléments ultimes, d’atomes. L’atomisme logique revient alors à concevoir l’organisation du monde logique comme le reflet de cette réalité. Aux atomes (ou aux événement singuliers) correspondent des propositions élémentaires, et aux réalités composées du monde extérieur des propositions composées.


autoorganisation
L’auto-organisation est le processus par lequel une organisation prend peu à peu forme, ou se transforme en raison de causes ou de mécanismes qui lui sont internes (et que l’on ne saurait identifier à un programme inné de production). Un système quelconque manifestera un tel processus uniquement si le résultat prend une forme non quelconque, et ne pouvant être expliquée par les lois du hasard.
Définition élargie
L’auto-organisation est le processus par lequel une organisation prend peu à peu forme, ou se transforme en raison de causes ou de mécanismes qui lui sont internes (et que l’on ne saurait identifier à un programme inné de production). Un système quelconque manifestera un tel processus uniquement si le résultat prend une forme non quelconque, et ne pouvant être expliquée par les lois du hasard.

L’auto-organisation biologique se distingue de celle se déroulant au sein des phénomènes purement physiques, dans la mesure où elle intgre des mécanismes nouveaux, dont des mécanismes de régulations cybernétiques, de réplications (la reproduction sexuelle par exemple), etc. De même l’auto-organisation cognitive fait à son tour intervenir des facteurs nouveaux, tels que la recherche de cohérence logique.

La notion d’auto-organisation s’oppose à celle "d’hétéro-organisation", qui, elle, porte sur les organisations dont les propriétés trouvent leur explication dans un agent extérieur (par exemple un programme d’ordinateur et l’organisation qui le caractérise sont généralement le résultat du travail d’un programmeur humain).
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L’auto-organisation est le processus par lequel une organisation prend peu à peu forme, ou se transforme en raison de causes ou de mécanismes qui lui sont internes (et que l’on ne saurait identifier à un programme inné de production). Un système quelconque manifestera un tel processus uniquement si le résultat prend une forme non quelconque, et ne pouvant être expliquée par les lois du hasard.

L’auto-organisation biologique se distingue de celle se déroulant au sein des phénomènes purement physiques, dans la mesure où elle intgre des mécanismes nouveaux, dont des mécanismes de régulations cybernétiques, de réplications (la reproduction sexuelle par exemple), etc. De même l’auto-organisation cognitive fait à son tour intervenir des facteurs nouveaux, tels que la recherche de cohérence logique.

La notion d’auto-organisation s’oppose à celle "d’hétéro-organisation", qui, elle, porte sur les organisations dont les propriétés trouvent leur explication dans un agent extérieur (par exemple un programme d’ordinateur et l’organisation qui le caractérise sont généralement le résultat du travail d’un programmeur humain).


autorégulation
L’autorégulation est le processus interne à un système cybernétique grâce auquel celui-ci atteint un état de stabilité relative par rapport à la fin vers laquelle il tend. L’autorégulation peut être réalisée par le fonctionnement d’ensemble du système en question, ou bien elle peut être "déléguée" à l’une de ses parties (par exemple le cerveau d’un animal inférieur qui a charge de trouver des comportements adaptatifs stables assurant de manière optimale la survie de cet animal).


axiomatisation
Entendue de la manière la plus classique, l’axiomatisation est l’activité par laquelle les mathématiciens ou les physiciens théoriciens cherchent à découvrir des propositions théoriques et des règles spécialisées de déduction ou de construction permettant d’engendrer, par simple application des règles, les "théorèmes" de la théorie faisant l’objet de cette activité.
Définition élargie
Entendue de la manière plus classique, l’axiomatisation est l’activité par laquelle les mathématiciens ou les physiciens théoriciens cherchent à découvrir des propositions théoriques et des règles spécialisées de déduction ou de construction permettant d’engendrer, par simple application des règles, les "théorèmes" de la théorie faisant l’objet de cette activité.

Pour Piaget cette activité, qu’il relie au processus d’abstraction réfléchissante intervenant dans la construction des structures opératoires, peut viser des fins qui ne se réduisent pas à la recherche des fondements logiques ou de validation formelle d’une théorie scientifique, comme c’est généralement le cas en mathématique. Dans l’usage qu’il en fait, l’axiomatisation a plutôt pour but la mise en évidence de la structure sous-jacente à une théorie, ou même à un ensemble de savoir-faire et de connaissances tels que ceux que manifeste l’enfant lorsqu’il construit, perçoit ou conçoit les différentes réalités avec lesquelles il interagit.
 - Recherche dans "Présentation de l'oeuvre de Piaget"
Entendue de la manière plus classique, l’axiomatisation est l’activité par laquelle les mathématiciens ou les physiciens théoriciens cherchent à découvrir des propositions théoriques et des règles spécialisées de déduction ou de construction permettant d’engendrer, par simple application des règles, les "théorèmes" de la théorie faisant l’objet de cette activité.

Pour Piaget cette activité, qu’il relie au processus d’abstraction réfléchissante intervenant dans la construction des structures opératoires, peut viser des fins qui ne se réduisent pas à la recherche des fondements logiques ou de validation formelle d’une théorie scientifique, comme c’est généralement le cas en mathématique. Dans l’usage qu’il en fait, l’axiomatisation a plutôt pour but la mise en évidence de la structure sous-jacente à une théorie, ou même à un ensemble de savoir-faire et de connaissances tels que ceux que manifeste l’enfant lorsqu’il construit, perçoit ou conçoit les différentes réalités avec lesquelles il interagit.


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Dans la mesure […] où les principes d’une science s’élaborent historiquement en fonction d’une sorte d’ « orthogenèse » ou de direction rationnelle (même si on ne le reconnaît qu’après coup, sans prévision possible quant à l’avenir), ce serait la preuve que le sujet exerce une activité constructrice dans l’élaboration des connaissances et cela justifierait une forme d’apriorisme dynamique avec nécessité aux termes des séquences et non pas préalable.